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Veau sous la mère
"Une production qui laisse du temps libre si on s'organise"

Dominique Lacaze en Haute-Garonne, est récemment "converti" au veau sous la mère. Il s'est donné les moyens d'en faire une production à la fois pas trop contraignante et rémunératrice.

Dominique Lacaze, éleveur à Lunax (Haute-Garonne), reconnaît que, si le veau sous la mère en était encore au temps de la muselière, il ne se serait jamais lancé dans cette production. C’est bien parce que « les conditions de travail sont plus aisées », qu’il a arrêté l’engraissement de taurillons et génisses, lassé des crises de la vache folle, pour monter un troupeau allaitant. S’il a d’abord commencé par vendre des broutards, il a rapidement bifurqué vers le veau sous la mère. « Le prix est régulier alors que celui du broutard est tributaire des crises. Quand le veau a passé ses trois premières semaines de phase critique, on peut savoir pratiquement son prix de vente ». Et, il s’est donné les moyens pour que cette activité, réputée contraignante, le soit le moins possible. « C’est une production qui laisse du temps libre si on sait s’organiser », affirme-t-il sans hésitation. Il y a huit ans, quand il a acheté une vingtaine de vaches de réforme aux bonnes origines laitières pour démarrer la constitution de son cheptel, il s’est fixé d’emblée l’objectif de grouper les vêlages à l’automne. Pour cela, il a rapidement revendu les vaches, qui vêlaient toute l’année, mais c o n s e r v é toutes les filles pour les caler sur la période souhaitée. Il a aujourd’hui 70 vaches dont 58 Blondes d’Aquitaine et 12 Montbéliardes. « En 2009, je serai à 60 vêlages entre le 15 septembre et le 15 décembre », constate t-il avec satisfaction. Il utilise des détecteurs de chaleur et fait du flushing sur les génisses pour les grouper au maximum.

Se concentrer sur l'atelier bovin

Il ne voit que des avantages à ce regroupement des mises bas. Tout d’abord, moins de risques sanitaires, car les veaux naissent dehors et y restent deux à trois semaines. Désaisonnaliser les vêlages permet de vendre des veaux en hiver, à la période où le prix est le plus favorable. Avantageux également en terme de travail pour une exploitation de polyculture – élevage : le regroupement lui permet de se concentrer sur l’atelier bovin pendant une période limitée et d’être plus efficace, tant pour le suivi de la reproduction que sur le plan sanitaire ou l’alimentation. Les vaches sont vaccinées contre les diarrhées des veaux et ces derniers contre les virus RS et PI3 : l’éleveur peut donc intervenir par lots entiers. « A partir du 15 – 20 mai, je n’ai plus de veaux à faire téter et mes vaches sont dehors. Elles ne coûtent pas cher à nourrir et je peux m’occuper tranquillement des cultures, de l’ensilage, du foin et de l’irrigation. » Dehors, mais tout de même conduites en pâturage tournant avec trois parcs par lot de 12 à 15 vaches au même stade de gestation et qui seront conduites ensemble l’hiver en stabulation.

Pas de têtée le dimanche soir

Pour diminuer l’astreinte, Dominique Lacaze a également supprimé la tétée du dimanche soir. « Les veaux, ça leur fait du bien et moi aussi ! Le seul problème, ce sont les Montbéliardes qui ne reviennent en production normale que le mardi soir. » Et bien que la stabulation ne soit pas très fonctionnelle, la tétée, qui se déroule en trois lieux différents, ne prend pas plus d’une heure et demi pour 37 veaux. L’éleveur a aménagé des cases de sept veaux dans les aires paillées et a opté pour la tétée directement au cornadis. Nourrir beaucoup de veaux en même temps a tout de même une contrepartie : « il faut avoir du lait », car il n’est pas question d’utiliser des fins de lactation pour compléter les vaches qui en manquent. Mais, là encore, Dominique Lacaze ne fait pas les choses à moitié. Sélection et alimentation se conjuguent pour que les veaux, à la fin de la tétée, rentrent dans leur case repus et n’aient envie que d’une chose : se coucher dans la paille plutôt que de la manger. Les meilleures vaches, celles qui ont de bonnes aptitudes laitières et sont bien conformées, sont inséminées avec des taureaux de type mixte (Uvay, Nadaillac…). Il conserve une quinzaine de génisses par an pour le renouvellement. Elles sont également inséminées, mais avec des taureaux à bon index facilité de naissance (Richelieu, Sammy, Opelso). Les autres vaches sont saillies avec un taureau typé viande.

Projet de bâtiment

Dominique Lacaze soigne particulièrement l’alimentation des vaches. Ensilage de maïs et foin enrubanné de dactyle – trèfle (bien sec pour qu’il soit fibreux) forment la ration de base. Les Blondes reçoivent en complément 1,5 kilo par jour de maïs grain inerté et les Montbéliardes 6 kilos de maïs inerté auxquelss’ajoutent 4 kilos de correcteur azoté. De vraies laitières qui peuvent nourrir plusieurs veaux. Il fait aussi de l’ensilage de ray-grass en dérobé qu’il utilise l’été. Quand il en reste, il l’associe à de l’ensilage de maïs et du foin pour composer une ration équilibrée pour les Blondes, sans autre complément que des minéraux. Les résultats sont au rendez-vous. L’éleveur produit environ 45 veaux par an. En 2008, ils ont pesé autour de 155 kilos en poids carcasse. Pour la plupart classés 2 en couleur, E ou U en conformation et 2 ou 3 en état d’engraissement, leur prix de vente flirtait avec les 1300 euros par tête, soit 8,25 euros par kilo carcasse. « Je vais essayer d’alourdir un petit peu plus », envisage l’éleveur. Gageons qu’il n’aura pas de difficulté pour y parvenir, surtout lorsque le troupeau sera logé dans la nouvelle stabulation qu’il a en projet. Il espère aussi qu’elle lui fera gagner deux heures de travail par jour. Elle devrait être entièrement financée par la production d’électricité photovoltaïque, si les banques sortent de la frilosité qui les a saisies depuis la crise financière.

 

 

Chiffres clés

■SAU: 115 ha dont 68 ha de prairies, 20 ha
de soja, 15 ha de blé et 8 ha de maïs
■ Cheptel : 70 vaches dont 58 Blondes
d'Aquitaine et 12 Montbéliardes ; 85
PMTVA
■Main-d'oeuvre: 1 personne et 900 heures
de salarié

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