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Ethologie
L'Inra observe et analyse comment les vaches choisissent leur repas au pré

Ce que les bovins choisissent d’avaler au pâturage, en qualité et en quantité, influence leurs performances zootechniques et leur impact sur les couverts végétaux.

La vitesse de prise d’une bouchée, le choix des sites alimentaires dans une parcelle, le temps passé à pâturer dans une journée… toutes ces décisions résultent d’un compromis entre les préférences de l’animal et différentes contraintes du milieu. Ces contraintes sont relatives au chargement, à la disponibilité et à l’agencement des différents végétaux dans le couvert végétal, à la localisation des points d’eau et des zones de couchage, à l’éventuelle complémentation mise à disposition, mais aussi à la morphologie de l’animal, à son état physiologique, à son statut « social ». Les apprentissages alimentaires jouentils un rôle dans le comportement des bovins ? Ou bien cherchent-ils simplement à maximiser leur ingestion d’énergie en un minimum de temps ? « Les deux logiques jouent », a expliqué Cécile Ginane, de l’équipe relations animal-plantes et aliments de l’Inra de Theix, à l’occasion des journées 3 R en décembre 2008.

Un régime équilibré

Sur un couvert homogène, c’est la disponibilité en herbe et le format des animaux qui déterminent principalement l’ingestion. L’Inra a modélisé l’ingestion des bovins allaitants au pâturage, ce qui permet de prévoir les performances animales permises. Mais ce modèle, qui utilise le type de prairies, le chargement et la stratégie de conduite, demeure un outil de recherche car il n’est pas validé dans toutes les situations rencontrées en élevage. Sur des couverts hétérogènes, les animaux ont une possibilité de choix. De nombreuses expériences ont montré que les ruminants tendent à sélectionner des aliments leur apportant un équilibre entre protéines et énergie ingérées, et par là un certain confort digestif. Le format des bovins et le niveau de leurs besoins influencent alors ces choix. « Les femelles en lactation sélectionnent davantage les zones à haute valeur nutritive que les femelles taries. La complémentation au pâturage, telle que l’on peut la pratiquer en systèmes bovins allaitants, a été testée à l’Inra, mais elle n’a pas eu d’effet sur ce comportement », rapporte Cécile Ginane. Les herbivores peuvent apprendre les conséquences nutritionnelles et toxiques des végétaux. On a pu observer que les bovins et les ovins savent éviter des plantes toxiques ou encore la végétation contaminée par les fecès suspectibles de contenir des larves de parasites gastro-intestinaux. « Ils ont la capacité de catégoriser les aliments. Il faut encore trouver sur quels critères les animaux fondent ces choix. » L’expérience alimentaire qu’ont les animaux dans leur jeune âge joue aussi sur leurs choix faits à l’âge adulte. Par exemple, les jeunes habitués à consommer des fourrages plus ou moins ligneux en consomment davantage une fois adultes que ceux qui ne les ont pas goûtés jeunes.

Des apprentissages

Les prairies proposant plusieurs éléments à pâturer, plus ou moins disponibles et de qualité variable, augmentent la motivation des bovins et des ovins à pâturer. Le temps de pâturage est accru et les quantités ingérées aussi. Cette stimulation de l’ingestion pourrait s’organiser à différentes échelles de temps, que ce soit au cours d’une journée ou d’une semaine à l’autre. Expérimentalement, une augmentation de 10 % des quantités ingérées a aussi été mise en évidence à l’auge lorsqu’on offre à des bovins le choix entre différents types de fourrage conservés. « Proposer une certaine diversité alimentaire leur permet de sélectionner un régime équilibré et peut stimuler leur ingestion », conclut donc Cécile Ginane. Ces connaissances pourraient aboutir à mieux comprendre comment inciter les bovins à consommer davantage telle ou telle plante, pour planifier au mieux l’exploitation des parcelles, ou bien parce qu’elle est intéressante pour la qualité de la viande ou du lait

En savoir plus

Pour la préservation de milieux à intérêt environnemental, on utilise souvent des races rustiques. Une étude menée en 2007, à laquelle participait l’Inra, comparait la sélection alimentaire de différentes races de bovins et d’ovins, sur quatre sites à travers l'Europe. À format et expériences alimentaires identiques, les animaux de différentes races consomment un régime assez voisin.

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