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De nouveaux méteils riches en légumineuses

Moins de céréales et plus de légumineuses dans le mélange, qui est récolté précocément avant l’implantation d’un maïs. C’est une nouvelle formule de méteils testée par un groupe d’éleveurs laitiers de Bretagne.

Un groupe d’éleveurs laitiers suivis par la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine teste depuis un an le « méteil dérobé », qui a pour but de fournir un maximum de protéines. La composition est de 15 kilos/hectare d’avoine, 50 kg/ha de pois fourrager, 30 kg/ha de vesce, 50 kg/ha de féverole pour un semis en octobre. En zone plus tardive, pour un semis fin octobre début novembre, l’avoine est montée à 30 kg/ha et la vesce à 40 kg/ha. L’objectif est de récolter avant la chute des PDI, et avec une valeur UF pas trop pénalisée. Le stade début d’épiaison de la céréale est à viser. Souvent la fauche intervient mi-mai, et certaines années elle est possible fin avril. « Une astuce consiste à semer dans les mélanges à haute valeur protéique un peu d’orge avec la céréale. Quand l’orge épie, c’est qu’il est temps de récolter », conseille Jérémy Guil de la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Ce fourrage a une forte teneur en eau à la récolte (souvent moins de 20 % de MS). Pour atteindre les 30 % de MS nécessaires à la réussite de l’ensilage, un fanage se révèle en général nécessaire. « Si le temps est beau, il est aussi possible de juste laisser sécher à plat au sol une journée avant d’ensiler », fait remarquer Benoît Possémé de la chambre d’agriculture de Bretagne. « Ce type de méteil est difficile à enrubanner : le taux de 40 % de MS est rarement atteint. Si on attend juin-juillet pour faucher, le risque de verse est très important. » Ceci du fait que le rôle de tuteur des céréales est moins bien assuré que dans le cas d’une composition de méteil classique. Autre particularité, l’effet barrière des céréales contre les maladies est moins marqué et le mélange peut faire l’objet d’une attaque de botrytis.

14 à 19 % de MAT contre 10 à 12 % pour un méteil classique

Le rendement obtenu dans le groupe s’est élevé à 5 à 7 tMS/ha, soit beaucoup moins que pour un méteil classique triticale/pois qui fournit 8 à 12 tMS/ha. Mais le but recherché est atteint : la teneur en protéines est améliorée par rapport à un méteil classique, avec en moyenne 15 % de MAT contre plutôt 10 à 12 % en général pour un méteil classique. Et la valeur énergétique est quasiment identique à celle d’un bon méteil classique (autour de 0,85 UFL). Cependant, entre les différents éleveurs du groupe, une variabilité conséquente des résultats est observée. La teneur en MAT a varié de 14 à 19 % selon la date de récolte et les stades des différentes espèces du mélange. Le coût total des semences est élevé, à environ 200 euros par hectare, auxquels s’ajoutent environ 250 euros par hectare de frais de récolte. Le bilan est intéressant à l’échelle de la parcelle avec les deux récoltes qui fournissent 15 à 20 tMS/ha de fourrage dans l’année. Les éleveurs cultivent en effet un maïs précoce après l’ensilage du méteil. « Ce type de conduite est sans doute à réserver aux sols de qualité. En sol très séchant, cela ne fonctionnera vraisemblablement pas, car le maïs ne disposera pas de suffisamment d’eau », précisent les conseillers. Même si on manque encore de références sur ce type de fourrages, ils constituent une piste pour créer un fourrage apte à la croissance de bovins allaitants.

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