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Prairies
Le premier apport d'azote minéral optimisé à la date des 200 °C cumulés

Le premier apport d’azote minéral sur prairies doit intervenir à 200 °C cumulés d’après des résultats d’Arvalis Institut du Végétal. Ensuite, les apports suivants sont à répartir presque toujours sur la période du printemps en fonction du mode d’exploitation et des besoins du troupeau.

L’azote est le moteur essentiel de la croissance de l’herbe, qui est par ailleurs d’autant plus rapide que la température est élevée et que l’eau est disponible. Arvalis Institut du Végétal a mené en 2008 des expérimentations sur trois sites différents - dactyle en Loire-Atlantique, prairie naturelle dans la Meuse, fétuque élevée dans l’Indre – pour étudier l’effet de la date du premier apport d’azote minéral sur le rendement des prairies. Elles ont validé la pertinence du premier apport à la date à laquelle sont atteints les 200 °C cumulés, base 0 °C, depuis le 1er janvier(1). Cette date est atteinte, en moyenne et selon les régions, entre début février et mi-mars. Les techniciens pourront vous informer sur ce point pour chaque petite région agricole. « Retarder le premier apport à environ 500 °C cumulés a fortement pénalisé le rendement. La croissance ralentie par le manque d’azote au début n’est jamais récupérée au cours du cycle », explique Pierre Castillon d’Arvalis Institut du Végétal. Dans ces essais, le fractionnement du premier apport n’a pas amélioré l’efficacité de l’azote. Cette pratique, qui a pour objectif de réduire les risques de pertes par dénitrification lors de printemps très humides, pourra néanmoins être conseillée dans le cas où le premier apport est de plus de 100 kilos N par hectare.

SECOND APPORT CINQ À DIX JOURS APRÈS UNE FAUCHE

L’effet résiduel des apports antérieurs étant à peu près nul d’un cycle à l’autre, il faut ensuite apporter l’azote au début de chaque cycle de croissance.« Le redémarrage de la prairie après une fauche, se fait à partir de substrats carbonés et azotés contenus dans les racines et la base des tiges. L’azote minéral doit être apporté de ce fait cinq à dix jours après une coupe », explique Pierre Castillon. « Après une pâture, il reste des surfaces vertes et c’est dans les cinq jours qui suivent la sortie des animaux que l’apport doit être réalisé. » Le respect de ces règles est d’autant plus impératif que les fournitures d’azote par le sol sont faibles. D’autres expérimentations ont permis de déterminer que de façon générale, 75 à 100 % de la dose annuelle totale d’azote doit être apportée au printemps. La répartition entre les cycles de production se fera en fonction des possibilités de croissance de l’herbe en été et selon les fonctions attribuées aux parcelles (ensilage, foin, pâturage). Cela peut aussi faire intervenir la vitesse de croissance de l’herbe souhaitée par l’éleveur. En ce qui concerne le choix du type d’engrais azoté, le nitrate d’ammonium convient dans tous les cas. Le sulfate ou phosphate d’ammonium est à employer en fin d’hiver, par temps froid et humide. Quant à l’urée, elle est à réserver pour des apports de fin d’hiver et début de printemps. En fin de printemps et été, il est conseillé de ne l’épandre que par temps pluvieux. Sinon, compte-tenu des risques de volatilisation, la dose doit être augmentée de 50 %.

(1) En base 0 °C depuis le 1er janvier, la somme de températures est le cumul de la température moyenne journalière qui est elle-même déterminée par (Tmin + T max)/2

Le soufre, un élément à ne pas négliger

La quantité de soufre absorbée par une prairie est non négligeable et c’est un élément indispensable aux plantes. « Pendant très longtemps, les retombées atmosphériques étaient suffisantes pour couvrir les besoins des prairies. Jusque dans les années 50 et 60, elles étaient deux fois supérieures aux besoins des cultures. Désormais, on estime qu’elles représentent en moyenne la moitié seulement de leurs besoins et les carences en soufre sont de plus en plus courantes », explique Pierre Castillon, d’Arvalis Institut du Végétal. La carence en soufre se manifeste par la décoloration (vert pâle à jaune) des plus jeunes feuilles. Malheureusement elle n’est bien visible et repérable qu’assez tardivement au cours du premier cycle de croissance, généralement le plus affecté, et il est trop tard pour la corriger efficacement.

APRÈS UN HIVER TRÈS PLUVIEUX

« Ces problèmes sont d’autant plus fréquents que le sol est sensible à la lixiviation c’est-àdire sableux, caillouteux, peu profond, et que la pluviosité a été importante en automne et en hiver. Le risque est accentué lors de printemps froid, car la minéralisation de la matière organique du sol est alors peu importante. Dans ces conditions, un apport de soufre est utile. » Un essai conduit en 2008 sur une prairie permanente par Arvalis Institut du Végétal dans la Meuse a montré qu’un apport de SO3 (sous forme Thiovit) a permis d’améliorer très significativement le rendement de foin. Plus de 2 tonnes de matière sèche ont été gagnées avec une dose optimale de 90 kg de SO3 apportés par hectare. La quantité de soufre corrective est souvent de l’ordre de 40 à 60 kg de SO3 par hectare.Tous les engrais soufrés peuvent convenir mais il ne faut pas oublier le soufre apporté par les fumiers et surtout les lisiers. Le soufre de lisier de bovins s’est montré aussi efficace que celui du sulfate de calcium dans un essai australien sur fétuque. Les fumiers et composts, par contre, contribuent peu à la fourniture de soufre assimilable par la prairie.

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