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Veau sous la mère
De nouveaux bâtiments pour réduire l'astreinte de la têtée

En Corrèze, des éleveurs ont mis en place des bâtiments où ce ne sont plus les veaux qui vont à la rencontre de leur mère, mais les vaches qui se rapprochent des cases des veaux.

Le temps consacré à la tétée des veaux et à son suivi constitue l’un des principaux facteurs limitant pour la production de veau sous la mère. Lorsqu’elle est réalisée dans des étables traditionnelles, le côté astreignant de cette tâche biquotidienne et la difficulté pour se faire remplacer limitent l’attrait de cette production auprès de beaucoup de jeunes éleveurs. Pourtant, avec des animaux de qualité qui continuent à être bien valorisés, le veau sous la mère permet dans un grand Sud-Ouest de la France de maintenir une production de viande bovine sur des exploitations de dimensions souvent modestes.

La modernisation des bâtiments d’élevage visant à réduire la durée de la tétée constitue donc une priorité. Les spécialistes parlent alors de « tétée assistée ». « Avec ce système, la tétée se déroule toujours à heure fixe et en présence de l’éleveur, mais ce ne sont pas les veaux qui sont lâchés hors de leur case pour aller à la rencontre de leur mère. Ce sont les vaches qui viennent s’enclencher dans un cornadis autobloquant pour se faire têter au travers des parois des cases spécialement aménagées à cet effet », indique David Fulminet, technicien à la Chambre d’agriculture de Corrèze et spécialiste de cette production. « Les atouts sont multiples. La tétée dure moins longtemps, car plus de veaux peuvent téter en même temps. La pénibilité des manipulations des veaux vers les vaches est éliminée. Ce système offre également des perspectives intéressantes pour permettre aux éleveurs de se faire ponctuellement remplacer. » Début mars, il existait en Corrèze, premier département français pour la production de veau de lait produit sous la mère, sept exploitations ayant mis en place ces salles de tétée où c’est la vache qui rend visite à son veau deux fois par jour : quatre avec des cases entièrement en inox, une avec des cases en tubes métalliques galvanisés et deux avec des installations en bois réalisées à moindre coût. « Avec des cases en inox, l’investissement varie du simple au double entre le système avec tétée assistée et les cases en inox simple où les veaux sont sortis deux fois par jour pour aller téter leur mère. » Mais le temps à consacrer à la tétée est en revanche au moins divisé par deux. « Il y a aussi moins de risques d’accident pour l’homme et les animaux liés à des veaux qui courent dans les couloirs. Les probabilités de coups de pied de vaches sont aussi plus limitées. » Une fois ces dernières bloquées au cornadis et immobilisées entre la logette et la case du veau, elles ne bougent plus. « Il y a encore malheureusement beaucoup de confusion entre ce système de tétée assistée et la tétée en libre service », déplore David Fulminet. « Dans le premier cas, on contrôle parfaitement les horaires de tétée et le veau peut avoir du lait à profusion. Dans le second cas, les veaux ne peuvent téter que selon le bon vouloir des vaches. La quantité de lait bue est le plus souvent insuffisante et trop irrégulière dans le temps avec un impact sur la croissance et le niveau de finition des carcasses. » Pour mieux appréhender les conditions de production liées à ces nouvelles installations, mais aussi mieux juger quelles seront ensuite les qualités des carcasses, la chambre d’Agriculture de la Corrèze a mis en place un programme expérimental dans le cadre du pôle d’excellence rural « Veau de lait sous la mère ».

Suivi qualitatif

L’objectif de ce travail est de réaliser un suivi qualitatif des animaux produits dans quatre exploitations qui ont opté pour ces bâtiments novateurs. Pour ces élevages, le coût de l’agencement des cases en inox permettant de mettre en oeuvre la tétée assistée a été pris en charge à 50 % par le PER. « Le but de cette expérimentation est double. Il s’agissait d’abord de mettre au point ce système de cases en inox construites par un fabricant local, et disponibles en kit pour n’importe quel éleveur. Il s’agit désormais de mesurer les performances de croissance et les qualités de carcasses des veaux produits avec ce système. ». Face à la mise en place de ce nouveau principe de logement des animaux, les réactions des producteurs sont assez disparates. Leurs détracteurs estiment que la qualité des veaux produits va y perdre, mais leurs fervents partisans estiment que malgré l’investissement, c’est là une opportunité à ne surtout pas négliger pour moderniser la production, attirer de nouveaux éleveurs et permettre d’enrayer la baisse du nombre d’animaux produits.

Les tantes plutôt traites que têtées

Entre le début, le milieu puis la fin de la traite, le taux butyreux du lait varie dans des proportions importantes (cf. tableau). Le lait trait, puis distribué au biberon pour compléter la lactation insuffisante des Limousines est donc beaucoup plus homogène pour le taux de matière grasse que du lait tété directement au pis des laitières. « Cette homogénéisation impacte directement sur les problèmes de digestion des veaux en les réduisant et donc améliore les performances de croissance », estime David Fulminet. Pour vérifier ces données, deux des quatre élevages expérimentateurs vont intégrer à leur système des tantes laitières qui seront traites avant chaque tétée afin de complémenter les veaux au biberon. Comparativement à du lait tété directement au pis de la vache, cette façon de procéder permet aussi de mesurer précisément quelle est la quantité de lait à rajouter à celui bu au pis de la vraie mère pour arriver à rassasier parfaitement le veau.

 

 

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