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Chez Jean-François Caumon dans le Cantal
Des points d'eau aménagés sur toute l'exploitation

Jean-François Caumon a réalisé un aménagement global de l’abreuvement sur son exploitation avec différents systèmes : éolienne, abreuvoirs gravitaires, descente aménagée de cours d’eau.

Jean-François Caumon, éleveur à Saint- Antoine (Cantal), avoue qu’au début, il était « un peu sceptique » quand les techniciens lui ont présenté un projet pour desservir en points d’eau la totalité de son exploitation. Il élève 55 Limousines et 55 Salers sur 130 hectares dont 40 d’estives. Les trois kilomètres de tranchées à réaliser et de tuyaux à poser l’effrayaient quelque peu. Et encore plus, le montant de l’investissement qui approchait les six chiffres (97000 €), bien qu’il soit assorti de 70 % d’aides, octroyées dans le cadre du programme agricole du Syndicat du bassin de la Rance et du Célé (voir p.22). Les travaux ont duré un an et demi, intégralement réalisés par une entreprise. En tout cas, aujourd’hui, il est véritablement enthousiaste de cette réalisation : « Je n’ai plus jamais de soucis d’eau. Tous les trois hectares, il y a un bac. Je gagne une heure de travail par jour et il n’y a plus de tracteur à atteler ni à dételer. Avant, j’utilisais trois tonnes à eau. De plus, je me suis régalé de travailler en harmonie parfaite avec les techniciens et l’entreprise. » Vincent Nigou, chargé d’étude au service aménagement et environnement de la chambre d’agriculture, reconnaît que les travaux réalisés chez lui ne sont pas « 100 % reproductibles dans toutes les exploitations ».

Abreuvoirs gravitaires

Il est vrai que l’exploitation de Jean-François Caumon se prêtait à un aménagement global. Les soixante hectares situés autour du siège se répartissent en deux versants de surface à peu près équivalente. Chacun dispose d’une ressource en eau. Sur le versant nord, une source alimente un grand réservoir à partir duquel les parcelles sont desservies par gravité (8 bacs). En revanche, si le versant sud (entièrement pâturé) disposait d’un puit, celui-ci était trop bas pour alimenter toutes les parcelles. Une éolienne (coût: 4000 €) a donc été installée au point le plus haut pour pomper l’eau et la renvoyer dans un réservoir de 12 000 litres situé également en hauteur et à partir duquel sont alimentés une dizaine de bacs. La réserve (une cuve enterrée en polyéthylène) a été prévue suffisamment grande pour pallier le débit un peu juste en été et lors des périodes sans vent. Le ruisseau qui sépare les deux versants, dans lequel buvaient directement les bêtes auparavant, a été clôturé et rendu à sa vie paisible de cours d’eau. Les points d’eau ont été réalisés avec des bacs en béton de 800 litres équipés d’un flotteur. Un regard avec une vanne et une vidange permet d’isoler chaque bac. Astuce à noter : la bonde faite avec un PVC de diamètre 100 et fermée par un couvercle vissant, qui permet de vider rapidement le bac. Chaque abreuvoir est protégé avec une barrière faite de lisses en bois fixées sur des poteaux solidement ancrés. Protection mais aussi point de repère pour les animaux, affirme Jean-François Caumon : « Il faut que les points d’eau soient identifiés par quelque chose qui soit identique d’une parcelle à l’autre ».

Réorganiser le pâturage

L’aménagement de ces deux versants a été l’occasion de repenser l’organisation du pâturage en redessinant des parcelles de taille à peu près équivalente (3 ha), avec un point d’eau pour chacune. Ce qui a permis d’organiser un vrai pâturage tournant. « Avant, j’avançais le fil sans refermer derrière pour que les vaches puissent aller boire ». Au bout du compte, la totalité des surfaces pâturées a été aménagée en points d’abreuvement, y compris l’estive. Dans les parcelles éloignées du siège, ce sont le plus souvent des descentes aménagées vers des ruisseaux, ou des mares (une douzaine au total) qui ont vu le jour. Comme pour l’abreuvement gravitaire, elles ont été réalisées par l’entreprise avec le même souci qu’elles puissent durer. Et, « ça marche fort bien », ne cesse de se réjouir l’éleveur, soulagé de ne plus se trimballer avec ses tonnes à eau.

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