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Elevage bovin/Biologique
Des résultats de même niveau qu´en conventionnel

Les résultats techniques sont parfaitement comparables à ceux des élevages conventionnels des Réseaux de l´Institut de l´Elevage. Grâce au très faible niveau de charges opérationnelles, leur efficacité économique est sensiblement meilleure.

« L a reproduction est bien maîtrisée : la productivité numérique moyenne des troupeaux était de 84 % en 2002 », note pour commencer Jérôme Pavie de l´Institut de l´élevage, chargé de la synthèse au niveau national des suivis en réseaux d´une soixantaine d´élevages bio spécialisés en viande bovine. « A 2 % près en plus ou en moins, on trouve sur ce plan des performances de même niveau que celles des élevages conventionnels ». Les taux de gestation (90 %) sont un peu bas par rapport aux objectifs techniques mais ne sont pas moins bons que ceux observés en conventionnel. Taux d´avortement, de prolificité, de césariennes, de vêlages difficiles, sont tout à fait similaires. L´insémination artificielle est utilisée de façon comparable. « La mortalité moyenne des veaux est de 7 à 8 %, c´est-à-dire qu´elle est maîtrisée et qu´il n´y a pas de problème. » Le seul point faible semble être l´intervalle vêlage-vêlage qui est autour de 395 jours. Ceci peut être dû à des déficits alimentaire mais aussi à bien d´autres facteurs qu´on ne peut pas apprécier à partir de cette analyse.

La production brute de viande vive a varié sensiblement entre 2001 et 2002. Les systèmes naisseurs, naisseurs-engraisseurs de boeufs et naisseurs-engraisseurs de veaux sous la mère - les trois principales orientations de l´échantillon - ont des résultats qui varient avec une amplitude beaucoup plus forte selon l´année fourragère que les systèmes conventionnels.

Les surfaces labourées ©ici mélange pois fourrager et triticale sont en général peu importantes. Les systèmes sont de petits consommateurs de concentrés. ©S. Bourgeois

A la limite de l´autonomie en fourrage
Le chargement moyen est faible, autour de 1,1 UGB/ha SFP. Les systèmes fourragers reposent sur l´optimisation du pâturage. La plupart des élevages de l´échantillon ont des vêlages de fin d´hiver. Bien que dans la réglementation bio, l´enrubannage soit considéré comme de l´ensilage et que son utilisation soit limitée (il doit représenter moins de 50 % de la matière sèche de la ration), presque un éleveur de l´échantillon sur deux le pratique alors qu´un sur dix seulement fait de l´ensilage d´herbe. Les surfaces ainsi récoltées sont assez importantes (15 ha en moyenne). On aurait pu penser que l´enrubannage monoballe avait mauvaise presse à cause du plastique consommé en grandes quantités, mais il semble que la réalisation de coupes par petits chantiers, de façon autonome, récoltés précocément pour une forte valeur alimentaire, correspondent à la logique d´une bonne partie de ces élevages. Le foin demeure quand même le fourrage de base. Globalement ces élevages ont un déficit de 7 % en matière sèche de fourrage par rapport à leurs besoins. « Un nombre assez important d´exploitations sont en limite d´autonomie fourragère, ce qui est beaucoup plus rare en conduite conventionnelle ».

C´est ce que remarque Jérôme Pavie qui poursuit : « l´autonomie en fourrages permet d´améliorer nettement l´efficacité économique. Par contre la recherche de l´autonomie en concentrés avec des cultures ne se traduit pas forcément par une amélioration économique. » Les systèmes sont en effet de très faibles consommateurs de concentrés, donc même si des achats au prix fort d´aliments bio sont effectués, cela porte sur de petites quantités et affecte peu le bilan de l´élevage. Seulement la moitié des élevages de l´échantillon sont autonomes en concentrés. Les surfaces labourées sont globalement peu importantes. Elles représentent une quinzaine d´hectares en moyenne. Les céréales et les mélanges céréaliers dominent dans la sole en cultures. Quinze pourcents seulement des élevages de l´échantillon cultivent du maïs. Ce sont les élevages les plus intensifs au départ qui cherchent ainsi à maintenir un chargement plus important (1,44 ugb/ha). Malgré cette surface en maïs (5 ha environ), aucun de ces élevages ne parvient à l´autonomie fourragère. Les betteraves fourragères sont quasi-absentes dans cet échantillon.

L´EBE dépasse souvent 40 % du produit brut
Les achats d´aliments représentent en 2002, 63,50 euros par UGB dont 54 euros pour les concentrés. Les frais d´élevage sont aussi très limités, avec 38,70 euros/UGB dont 15 euros pour les frais vétérinaires. Les autres dépenses sont très faibles, et finalement les charges opérationnelles représentent une part sensiblement moins importante du produit brut que dans les systèmes conventionnels (5 à 12 % de moins selon les orientations technico-économiques). Avec un niveau de charges de structures similaire, l´EBE de ces exploitations bio est ainsi très bien placé, dépassant souvent 40 % du produit brut. Le niveau d´aides dans le produit brut est en moyenne de 35 % c´est-à-dire tout à fait similaire à ce qui est observé dans les systèmes conventionnels. « Dans l´échantillon, l´endettement est limité à 40 % de l´actif, ces systèmes permettent donc une bonne rémunération de la main-d´oeuvre avec un revenu agricole de 20 000 euros par UTH et un disponible de 22 500 euros par UTH », conclut Jérôme Pavie.

N. B. : L´échantillonnage a porté sur une soixantaine d´exploitations spécialisées. Comme pour les suivis des réseaux d´élevages conventionnels, l´échantillon est constitué d´exploitations plutôt bien placées sur le plan des résultats, et il ne correspond pas forcément à la situation moyenne des élevages bio en France.Le grand Ouest y est un peu sur-représenté par rapport aux bassins allaitants du centre de la France.
Les résultats commentés ici portent sur les années 2001 et 2002.

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