Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Une rentabilité variable pour les unités de méthanisation actuelles

Si certains freins ne sont pas levés, l’objectif de 1000 installations à l’horizon 2020 paraît périlleux au regard de résultats décourageants. L'AAMF a souhaité tirer la sonnette d'alarme.

« Des retours terrains sur des unités de méthanisation de plus de trois ans d'existence ont fait apparaître une rentabilité très variable, difficile à atteindre et dans certains cas associée à une situation tendue, voire dégradée. Le fonctionnement s’avère plus coûteux que prévu, la tarification n’est pas adaptée et la fiscalité pénalisante. On considère qu’il est aujourd’hui dangereux d’engager de nouvelles réalisations si certains freins ne sont pas levés », constate Alain Guillaume, président de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (l’AAMF), reproupant 60 membres, lors d'un point presse organisé mi-décembre.

Si les résultats sont encourageants la deuxième et la troisième année de fonctionnement, le retour d’expériences montre qu’il faut rester vigilant en quatrième et cinquième année. « Avec le recul, on s’est rendu compte que de grosses réparations surviennent au bout de trois à cinq ans et non sept, comme annoncé par les constructeurs et installateurs. Les rations utilisées en France, plus difficiles à brasser ou à pomper que celles privilégiées en Allemagne sont une cause de ce vieillissement prématuré. Aussi, préconise-t’on de prévoir six semaines d’arrêt de production tous les trois ans pour les opérations de maintenance. Pour y faire face, il est important de provisionner deux ou trois semaines par an soit 4 à 6 % du chiffre d’affaires », note Philippe Collin, administrateur de l’association, avant de poursuivre "à chaque fois, nous constatons que les EBE, en années moins favorables, sont insuffisants pour dégager une rémunération pour les exploitants associés. D’autre part, il ressort de manière récurrente que les coûts de production et de maintenance sont sensiblement au-delà des prévisionnels. »

Des points de vigilance

Pour réussir, il faut être attentif à un certain nombre de points. Le niveau d’investissement est à maîtriser. « On estime qu’il ne faut pas dépasser les 6000 à 7000 €/kWé installé. On a absolument besoin d’une filière française d’équipementiers pour contrôler ce coût. Il est également indispensable de maîtriser la biologie pour faire tourner son moteur à au moins 8 000 heures à la puissance nominale et de valoriser parfaitement l’énergie thermique, pour obtenir un meilleur prix de rachat de l’électricité. Ceci nécessite par ailleurs de sécuriser les approvisionnements et donc de disposer d’un stockage suffisant pour faire fonctionner l’installation sur l’ensemble de l’année. Sans soutien financier, il n’est pas possible d’amortir les installations."

Des incohérences

Le gouvernement favorise par des appels à projet, les grandes installations de plus d’un mégawatt. Or, à ce niveau de puissance installée, la prime aux effluents est supprimée. Cette dernière est en effet dégressive au fur et à mesure que la puissance augmente. Le constat est le même pour le digestat. « Il coûte deux fois plus qu’il ne rapporte actuellement. On n’a pas le droit de le commercialiser alors que nos voisins belges par exemple, obtiennent une homologation de vente et viennent l’épandre en France… », remarque l’AAMF. Les agriculteurs méthaniseurs pointent également le système de tarification de l’électricité, très complexe et qui n’encourage pas les projets.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Bovins Viande.

Vous aimerez aussi

Vignette
L’image de la viande argentine ternie par la part croissante des feedlots
Près du quart du territoire argentin a un climat idéal dix mois sur douze pour faire pousser de l’herbe. Malgré ces atouts pour…
Vignette
Le prix, toujours le prix et encore le prix
Le prix des bovins finis a été au cœur des débats lors du dernier congrès de la Fédération Nationale Bovine. Faute d’obtenir des…
Vignette
Olivier Chaillou, président de Terrena

Olivier Chaillou, a été élu le 21 décembre à la présidence de Terrena et succède à Hubert Garaud. Il était jusqu’à…

Vignette
L’année 2018 a été plus favorable au maigre qu’à la viande
Du mieux pour le maigre mais toujours pas terrible pour la viande finie. L’année 2018 s’est globalement traduite par un écart…
Vignette
« Rompre le silence sur les difficultés des agriculteurs »
Une étude réalisée pour Solidarité Paysans pointe la somme de pressions que subissent les agriculteurs d’aujourd’hui. Rompre le…
Vignette
Dominique Chargé, président de Coop de France

Dominique Chargé, a été élu fin décembre à la présidence de Coop de France. Il était jusqu’alors président de la section…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.20€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site bovins viande
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière bovins viande
Consultez les revues bovins viande au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière bovins viande