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Agroforesterie intraparcellaire : conjuguer tous les paramètres pour bien concevoir l’aménagement de la parcelle

Concevoir un projet d’agroforesterie intraparcellaire sur prairie demande de faire la synthèse de multiples paramètres : ombre portée, forme des paddocks, clôtures et eau, choix des essences d’arbres…

« Avec l’agroforesterie intraparcellaire sur prairie, on vise de la performance animale par l’ombre portée et l’effet brise-vent, et par le décalage de la pousse de l’herbe », présente Jean-Charles Vicet de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique. Pour atteindre cet objectif, l’aménagement de la parcelle se définit en arbitrant entre de nombreux paramètres.

« La disposition des lignes d’arbres est d’abord fonction du « paddockage » : le nombre d’UGB dans un lot au pré et la technique de pâturage (continu, tournant, tournant dynamique…). On en déduit une surface journalière à pâturer. »

Il est important de faire des paddocks les plus carrés possibles pour que les bovins n’aient pas trop de chemin à faire jusqu’au point d’eau. Ils risquent sinon de ne pas s’hydrater à hauteur de leurs besoins. « Une erreur courante est de dessiner des paddocks trop en longueur. Il vaut mieux écarter un peu plus les lignes d’arbres. »

L’orientation des alignements est à bien appréhender de façon qu’il y ait le plus possible d’ombre portée sur chacun des paddocks. « Il faudrait que toutes les vaches d’un lot puissent se coucher à l’ombre en même temps, même celles qui n’ont pas trop de copines et veulent garder une certaine distance avec les autres. Ce n’est pas toujours absolument possible. Mais en gros, cela correspond à un arbre par vache et par paddock. Dans 15 ans, chacun donnera une ombre de 3 x 3 mètres », explique Jean-Charles Vicet.

Viser un arbre par vache et par paddock

Il faut dès le départ éliminer les parcelles où d’autres infrastructures sont déjà présentes : on ne peut pas planter d’arbres sur un collecteur de réseau de drainage ou sous une ligne à haute tension. L’aménagement doit d’autre part permettre la mécanisation. « Il faut s’imaginer vouloir un jour passer avec tout type de matériel, et se mettre à la place d’un chauffeur qui doit virer facilement en bout de ligne. » La place des chemins pour déplacer les animaux est aussi à bien appréhender.

L’agroforesterie intraparcellaire représente entre 40 et 50 arbres à l’hectare. « Quel que soit le type de sol, on trouvera des essences d’arbres qui s’y plairont. Par contre, on sait que certaines ne passeront pas le changement climatique. C’est le cas par exemple pour les châtaigniers et les chênes pédonculés, relève Jean-Charles Vicet. On peut choisir des arbres qui ont le meilleur effet parasol, avec une ombre particulièrement dense, comme le charme et le tilleul. »

Un certain pourcentage des arbres plantés ne donnera pas de bois d’œuvre. « Ceux dont la grume part mal pour atteindre 4 à 6 m de hauteur peuvent être formés en têtard. Ils apporteront de l’ombre et leurs rameaux pourront constituer un fourrage d’appoint et une source d’oligoéléments en été. » En valeur fourragère pour des bovins, le frêne est le champion, mais le charme, le merisier et le tilleul sont aussi valables.

Il est toujours intéressant de prendre l’avis d’un spécialiste qui apportera le coup d’œil extérieur, la présentation du projet sur plan… et aussi des conseils pour l’itinéraire technique de la plantation (travail du sol, paillage, taille des arbres, organisation du chantier…). Il faut compter environ deux ans entre le début des démarches et la plantation.

Un coût d’implantation de 1 000 euros en moyenne par hectare

Selon les essences choisies et les besoins de protection des arbres, le coût d’implantation pour de l’agroforesterie intraparcellaire peut varier sensiblement autour d’une moyenne de 1 000 euros par hectare.

Les parcelles agroforestières sont admissibles au paiement de base de la PAC si elles comptent moins de 100 arbres d’essences forestières non fruitières par hectare.

Des aides sont proposées dans le cadre du pacte haies, par les régions, les départements, les communautés de communes et communes. Le partenariat et le mécénat pour le bilan carbone se développent bien.

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