Réussir bovins viande 12 avril 2018 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

S'appuyer sur le diagnostic rapide pour soigner les diarrhées du veau

Le GDS de Bretagne a mené un essai de terrain qui montre la fiabilité de trois tests de diagnostic rapide dans le cas de diarrhée chez le veau. Un gain de temps précieux pour l'animal malade mais aussi pour le reste des veaux.

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Les kits rapides sont très intéressants pour choisir la thérapeutique de veaux présentant une diarrhée d'origine infectieuse Et ils méritent d'être plus largement utilisés sur le terrain qu'ils ne le sont actuellement », explique Loïc Maurin du GDS de Bretagne. « Globalement, pour les trois kits que nous avons testés sur le terrain, les résultats sont équivalents à ceux des analyses en laboratoire », résume le vétérinaire (voir encadré).

Les kits rapides Elisa permettent de gagner du temps. Le vétérinaire lance le test sur place en élevage, à l'arrière de sa voiture, et le temps qu'il termine l'examen clinique du veau, le résultat s'affiche. Il choisit alors aussitôt sa thérapeutique. Alors que dans le cas d'une analyse réalisée en laboratoire, les résultats ne sont disponibles que plusieurs jours plus tard (2 à 7 jours en général selon l'analyse demandée), du fait en particulier du délai d'acheminement de l'échantillon. À ce moment-là, le veau malade a déjà reçu des soins, non spécifiques de l'agent infectieux en cause. Les résultats de l'analyse serviront pour adapter si besoin le traitement, et définir celui d'éventuels autres veaux du lot qui pourraient eux aussi déclarer une diarrhée infectieuse.

Le laboratoire reste important en cas de diarrhée d'origine bactérienne

Les tests rapides sont donc particulièrement intéressants dans le cadre d'une meilleure maîtrise du recours aux antibiotiques. Dans cet essai, plus d'une fois sur deux, le test rapide a révélé la présence seule ou associée de rotavirus et de cryptosporidies. Dans ces cas, si le veau ne présente pas de signes de septicémie, le recours à un antibiotique est inutile. « Le laboratoire reste un important soutien lors de diagnostic de diarrhées d'origine bactérienne, pour une confirmation et pour l'évaluation de la sensibilité aux antibiotiques, qui permettront aux vétérinaires d'affiner ou rectifier leur thérapeutique. »

Le coût de ce type de kits rapides Elisa est assez élevé, entre 40 et 60 euros (1). Leurs résultats sont à interpréter par un vétérinaire, en lien avec l'examen clinique du veau. Trois d'entre eux ont pu être testés par le GDS de Bretagne, mais il en existe de nombreux autres sur le marché,pour lesquels il n'est pas toujours évident de disposer des références techniques. L'une des nouvelles actions du plan Ecoantibio2 (2017-2021) porte d'ailleurs sur l'attente de progrès sur ces tests de diagnostic rapide : ils devront être recensés et évalués, et leur promotion sera faite s'ils sont fiables. Rappelons que le plan mentionne un objectif de réduction de 50 % en cinq ans, par rapport à la période 2014-2015, de l'exposition à la colistine en filières bovine, porcine et avicole.

(1) En Bretagne, les éleveurs adhérents GDS qui sont en « plan santé du veau » peuvent bénéficier d'une prise en charge à hauteur de 80 % du test rapide (plafonnée à 120 euros/an)

Les kits rapides testent en quelques minutes la présence des principaux pathogènes (E coli, rotavirus, coronavirus, cryptosporidium) dans les fèces du veau.
Les kits rapides testent en quelques minutes la présence des principaux pathogènes (E coli, rotavirus, coronavirus, cryptosporidium) dans les fèces du veau. - © GDS Bretagne

Des agents pathogènes identifiés dans 87 % des cas

L'essai a été mené en 2014 sur des veaux laitiers âgés de moins de trois semaines. Il est le fruit d'un partenariat entre GDS Bretagne et les GTV de Bretagne, les quatre laboratoires départementaux d'analyses de la région et les laboratoires fournisseurs des tests rapides. Des échantillons de fèces ont été prélevés et testés sur 165 veaux. Seulement 13 % des échantillons se sont avérés négatifs aux pathogènes majeurs sur des veaux exprimant des signes généraux de diarrhées infectieuses (abattement ou anorexie ou fièvre/hypothermie). Les pathogènes testés étaient E coli F5 (ancien K99), rotavirus, coronavirus, cryptosporidium, avec les tests Speed V-diar (laboratoire BVT), Rainbow Calf Scours et QuickDiar (laboratoire Bio-X) et les tests entérites néonatales du laboratoire Kitvia. L'essai a mis en évidence pour les coronavirus une sensibilité un peu moins bonne d'un des kits rapides par rapport à l'analyse en laboratoire. Cependant, comme la prévalence des coronavirus était réduite dans cet essai (3 % des échantillons), le risque de passer à côté d'un cas a été jugé très faible. Et depuis cet essai, le kit a été retravaillé sur ce point précis.

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