Réussir bovins viande 29 août 2014 à 08h00 | Par François d'Alteroche

Rajeunissement des bœufs bio

À la ferme expérimentale des Bordes, les bœufs bio, jusque-là abattus à un peu plus de 3 ans, vont être rajeunis pour un abattage autour de 30 mois.

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Abattre des animaux à 30 mois et 
non 3 ans permettra de réduire légèrement le niveau de chargement.
Abattre des animaux à 30 mois et non 3 ans permettra de réduire légèrement le niveau de chargement. - © F. d'Alteroche

À la ferme des Bordes, dans l’Indre, le cheptel bio est composé d’un troupeau de 23 vaches limousines en vêlage d’hiver (date moyenne 15 février). Tous les veaux mâles sont castrés au sevrage. Jusqu’à présent, ce lot de bœufs était abattu à un peu plus de 3 ans en cours de printemps après une finition en bâtiment pour des poids carcasse compris entre 450 et 500 kilos. Cet itinéraire technique se traduisait par une capitalisation sur pied avec aussi des besoins en fourrages et surface de stabulation importants liés au temps de présence des animaux.
Après qu’un nombre de références techniques conséquent pour ce mode de conduite a été engrangé, il a été décidé de raccourcir le temps de présence de ces animaux. « Le lot de bœufs va désormais être conduit avec finition au pâturage pour un âge d’abattage compris entre 29 et 32 mois, soit un poids vif moyen de 700 kilos pour peu ou prou 410 kilos de carcasse », explique Matthieu Couffignal, ingénieur régional fourrages chez Arvalis. Cette évolution vise en particulier à répondre aux préoccupations des éleveurs bio. Alors que l’essentiel des veaux mâles produits sur ces exploitations sont écoulés comme broutards dans les circuits conventionnels, ces producteurs sont demandeurs de données chiffrées relatives à différents itinéraires techniques de production de bœufs gras.

- © Infographie Réussir

La période des vêlages reste inchangée


Pas de révolution pour autant dans la conduite à venir. Les vêlages resteront calés sur l’hiver pour que les périodes de forts besoins alimentaires soient en phase avec les périodes de forte pousse de l’herbe et il n’y aura pas de complémentation sous la mère au pâturage.
Comme jusqu’à présent, les veaux seront castrés peu après le sevrage, mais comparativement au précédent mode de conduite, les animaux seront un peu plus poussés au cours du premier hiver avec un GMQ objectif de 650 g contre 500 précédemment. Aucun changement pour le second passage à l’herbe, avec conduite en pâturage tournant à l’image de ce qui est classiquement pratiqué dans cette ferme expérimentale. Au cours du second hiver, le GMQ objectif passera à 650 g. Les bœufs seront remis à l’herbe pour la troisième fois à un peu plus de 2 ans avec accès à des fourrages grossiers et finis au pâturage pour des abattages qui devraient s’échelonner de juillet à septembre en fonction de l’avancement de leur finition.

Matthieu Couffignal, Arvalis.
Matthieu Couffignal, Arvalis. - © F. d'Alteroche

« C’est un itinéraire technique exigeant avec la nécessité d’avoir une bonne gestion de l’herbe pour que les broutards fassent de bonnes croissances sous les mères."

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