Réussir bovins viande 19 avril 2018 à 08h00 | Par S.Bourgeois

Mieux comprendre les points de vue de la société pour un élevage mieux accepté

Le projet ACCEPT a livré ses résultats début avril. Le plein air, la lumière naturelle, le caractère « traditionnel » de l'élevage et le revenu des producteurs sont les attentes les plus exprimées par la société civile.

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- © S.Leitenberger

ACCEPT analyse la controverse pour mieux comprendre les points de vue de la société sur l'élevage de ruminants, de porcs et de volailles. Le projet était piloté depuis 2014 par l'Ifip-Institut du porc et conduit avec de nombreux partenaires.

Un sondage d'opinion a été réalisé avec l'Ifop sur 2000 citoyens représentatifs de la population française et trois groupes de dialogue, regroupant chacun six citoyens et trois éleveurs, ont été mis en place. Soixante-dix entretiens ont été menés auprès de parties prenantes en France et dans cinq pays d'Europe, et seize projets locaux d'élevage ont été analysés.

 

En France, cinq profils de citoyens-consommateurs bien différenciés ont été définis :

- 51 % sont des progressistes. Ils connaissent mal l'élevage, mais sont de plus en plus intéressés par le sujet et se disent préoccupés par la manière dont sont produits leurs aliments. Ils ne s'opposent pas à l'élevage en général, mais souhaitent voir les pratiques progresser sur les conditions de vie des animaux et les impacts environnementaux. « L'enjeu pour le monde de l'élevage est de rassurer les progressistes. »

- 24 % sont des alternatifs. Ils souhaitent la fin des systèmes d'élevage intensifs et le développement du bio, de circuits courts, à l'herbe, sous signe de qualité... Ils envisagent de diminuer leur consommation de viande ou l'ont déjà fait pour consommer des produits « bons à penser ».

- 10 % sont des compétiteurs, satisfaits de l'élevage actuel qu'ils connaissent assez bien d'ailleurs. Ils mettent en avant l'importance de la compétitivité et des exportations pour l'élevage français, qui sont selon eux sont les mieux adaptés aux marchés économiques mondialisés

- 2 % sont des abolutionnistes. « Ce profil majoritairement jeune et féminin ne consomme pas ou très peu de produits animaux par conviction. Les abolutionnistes souhaitent la fin de l'élevage et de la consommation de viande.

Trois pourcents des citoyens-consommateurs sont sans opinion et 10 % ne sont pas classés, ne ressemblant fortement à aucun groupe.

 

Concernant les pratiques d'élevage, le plein air, la lumière naturelle, le caractère « traditionnel » de l'élevage et le revenu des producteurs sont les attentes les plus exprimées. « Ils aiment les animaux dehors en petits groupes, la naturalité. Ils valident des bâtiments ouverts, des relations entre animaux et avec l'homme, des espaces propres. Ils comprennent des équipements pour gagner du temps, des pratiques contraignantes si elles sont nécessaires et si la douleur est gérée. Ils refusent l'absence de lumière naturelle, les animaux attachés ou en case, l'univers industriel. »

"A l'échelle locale, les projets d'élevage sont d'autant mieux acceptés que l'éleveur qui les porte est bien intégré socialement, sair discuter avec les autres, présenter son projet de manière anticipée et l'adapter aux attentes de ses voisins."

Le projet explique comment les acteurs du monde de l'élevage s'organisent face à la controverse : démarches et programmes collectifs (charte des bonnes pratiques d'élevage, démarches de filières comme Viandes de France, plan Ecoantibio) ; développement de la transparence et du lien (comme l'opération MadeinViande, Bienvenue à la Ferme, la présence des éleveurs sur les réseaux sociaux) ; le développement d'outils (comme Cap'2ER pour le diagnostic environnemental des élevages de ruminants).

Cinq scénarios prospectifs ont aussi été identifés.

Retrouvez tous les résultats du projet ACCEPT sur http://accept.ifip.asso.fr/

Que connaît la société civile de l'élevage ?

"Les citoyens sont partagés entre inquiétudes, intérêt pour l'élevage et empathie envers les éleveurs."

- 57 % reconnaissent mal connaître l'élevage

- 60 % se disent intéressés par les émissions et les articles sur l'élevage

- 52 % se déclarent insatisfaits du respect de l'environnement par les éleveurs

- 60 % se disent satisfaits de l'entretien des paysages par l'élevage

- 59 % sont insatisfaits des conditions de vie des animaux en élevage

- 60 % considèrent qu'offrir un accès au plein air à tous les animaux est une priorité

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