Réussir bovins viande 27 février 2014 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

Le système Inra des unités alimentaires des ruminants en cours de rénovation

Les UF et PDI resteront la base du raisonnement de l'alimentation, mais derrière ces unités, de nombreuses interactions seront désormais prises en compte et la précision du système sera largement améliorée.

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Le système Inra permettra désormais de prédire de façon plus précise, en partant des aliments et des pratiques alimentaires, la réponse digestive des animaux.
Le système Inra permettra désormais de prédire de façon plus précise, en partant des aliments et des pratiques alimentaires, la réponse digestive des animaux. - © J.-C. Gutner

Alors que le système d'origine était basé sur la couverture des besoins des animaux, sa version rénovée donnera en plus les lois de réponse des animaux. Le système Inra permettra désormais de prédire de façon plus précise, en partant des aliments et des pratiques alimentaires, la réponse digestive des animaux. C'est donc une autre logique, dynamique et évolutive, qui est mise en oeuvre. Il permet d'intégrer les résultats de la recherche les plus récents. D'autre part, le système tiendra mieux compte qu'auparavant des relations existantes entre la digestion de l'énergie et celle des protéines. Pour ceci, une centaine d'équations sont « mises en musique » et en cohérence.


La vitesse du transit mieux prise en compte


Il sera tenu compte, dans le système rénové, des trois principaux facteurs d'interactions digestives qui ont un effet sur le niveau de la digestibilité de la matière organique : le niveau d'ingestion (matière sèche ingérée rapportée au poids vif), la proportion de concentré dans la ration, et la balance protéique du rumen (variation entre la quantité de protéines qui entrent dans le rumen et celles qui parviennent à l'intestin). Le système intégrera aussi l'effet de la vitesse du transit. Jusque-là, on estimait que le transit se déroulait à une même vitesse quel que soit le régime, et cette vitesse de transit était la plupart du temps surestimée. D'autre part, l'estimation de la matière organique fermentée dans le rumen, à partir de la matière organique digestible, permettra de beaucoup mieux approcher une « vraie » valeur de la matière organique utilisée par les microbes de la panse pour assurer leur métabolisme et leur croissance. Il prédira beaucoup mieux la fraction de l'amidon et des protéines qui sont digérées au niveau du rumen et au niveau de l'intestin.

Daniel Sauvant, professeur 
à AgroParisTech et chercheur 
à l'Inra : « Désormais la valeur 
d'un aliment sera fonction 
de l'animal et des aliments 
qui lui sont associés. »
Daniel Sauvant, professeur à AgroParisTech et chercheur à l'Inra : « Désormais la valeur d'un aliment sera fonction de l'animal et des aliments qui lui sont associés. » - © D. Hardy

Environnement, qualité des produits, santé


Le système aboutira à terme à une estimation des nutriments absorbables. On connaît déjà des lois de réponse au niveau des intestins et les chercheurs travaillent sur le foie pour pouvoir d'ici quelques années intégrer son fonctionnement dans les systèmes d'unités. Les résultats permettront notamment à l'avenir de tenir compte du niveau des apports en plusieurs acides aminés sur la réponse des animaux à la ration.
Finalement, les tables donneront donc une valeur « indicative » UF et PDI des aliments. La valeur précise de chaque aliment pour une ration donnée sera ajustée par le modèle mathématique. Les anciennes et les nouvelles valeurs UF resteront très corrélées mais basculeront dans un sens ou dans l'autre selon le type de ration ou d'animal considéré, et les valeurs PDI seront légèrement en dessous des anciennes valeurs. Les prévisions gagneront surtout en précision dans les situations de performances hautes avec des régimes très riches, et de système très extensif.
Le système donnera d'autre part une évaluation de l'impact sur l'environnement du rationnement : les quantités d'azote rejetées par les voies fécales et urinaires et un ordre de grandeur des émissions de méthane seront donnés. La qualité des produits sera aussi abordée avec, pour la viande bovine, des évaluations de la teneur en acides gras de la viande. Sur le plan de la santé, plusieurs indicateurs donneront des informations sur le niveau du risque d'acidose.

Des tables et recommandations attendues pour fin 2014

 

Le projet « Systali » de rénovation des unités alimentaires des ruminants a été entamé il y a trois ans. De nouvelles tables et recommandations seront disponibles pour les éleveurs d'ici fin 2014, sous la forme d'un document écrit et d'une nouvelle version d'un logiciel de type INRAtion. Les calculs de ration reposant sur des boucles de calcul mathématiques compliquées, il ne sera plus possible de suivre le calcul comme on le faisait auparavant en multipliant une quantité d'aliment ingéré par une valeur.
Le système Inra d'alimentation des ruminants a été fondé en 1978. Il a été révisé une première fois en 1988. Entre 2002 et 2004, de nouvelles tables de valeur des matières premières ont été fournies. Et en 2007, une version rénovée du système a été proposée. Les pays du nord de l'Europe ont pour leur part déjà rénové leur système d'alimentation des ruminants au cours des dernières années.

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