Réussir bovins viande 09 août 2016 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

Le génotypage charolais en ordre de marche

Trois sociétés d'exploitation proposent désormais le génotypage d'animaux en race Charolaise : Gènes diffusion, Charolais univers et le herd-book Charolais. Le génotypage représente un réel atout, en particulier pour l'évaluation précoce de jeunes taureaux de monte naturelle.

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C'est pour les jeunes mâles de monte naturelle que le génotypage a le plus d'intérêt.
C'est pour les jeunes mâles de monte naturelle que le génotypage a le plus d'intérêt. - © S. Bourgeois

Après Gènes diffusion et Charolais univers, le herd-book Charolais a lancé son offre génomique en mai. « Sur la partie purement évaluation génomique Iboval, les trois opérateurs restituent exactement les mêmes résultats : pour les mêmes caractères, les résultats sont calculés par l'UMT 3G (Inra, Institut de l’élevage, Allice) selon la même méthode, passent par le même processus d'évaluation hebdomadaire, et sont exprimés de la même façon, sous forme numérique en base 100 avec un CD », explique Serge Miller, de l’Institut de l’élevage. Chaque opérateur a par contre construit son offre de génotypage de façon différente en apportant en même temps d'autres informations, des conseils et des services complémentaires.

Pour faire génotyper un animal charolais, l'éleveur passe par l'une de ces trois sociétés d'exploitation qui fait interface entre lui et la structure d'indexation. Environ deux mois après le prélèvement de l'échantillon d'ADN, les résultats d'évaluation sont disponibles. Ce sont des "IPVgeno" (indicateur précoce de valeur génomique). Ils sont d'abord provisoires, puis deviennent officiels après l'évaluation Iboval officielle qui a lieu tous les six mois, si leur précisions sont suffisantes au regard des règles définies par France génétique élevage. « Les index combinent les informations dont on disposait avant la génomique — les valeurs polygéniques, calculées à partir de l'ascendance, des performances propres et éventuellement de la descendance —, complétées par les informations génomiques directes apportées par le génotypage de cet animal."

Serge Miller, de l'Institut de l'élevage. « Les index combinent les informations dont on disposait avant la génomique (les valeurs polygéniques, calculées à partir de l'ascendance, des performances propres et éventuellement de la descendance), complétées par les informations génomiques directes apportées par le génotypage de l'animal. "
Serge Miller, de l'Institut de l'élevage. « Les index combinent les informations dont on disposait avant la génomique (les valeurs polygéniques, calculées à partir de l'ascendance, des performances propres et éventuellement de la descendance), complétées par les informations génomiques directes apportées par le génotypage de l'animal. " - © Source : Institut de l'élevage

L'évaluation porte sur tous les caractères au sevrage et sur les aptitudes bouchères sur jeunes bovins en ferme. Ce sont ainsi treize caractères Iboval génomiques qui sont restitués. « En race Charolaise aujourd'hui, les gains de CD apportés par la génomique représentent +10 à +70 % selon les caractères », précise Serge Miller. Ils sont modestes, mais non négligeables. Par exemple, pour un jeune candidat à la sélection, un CD qui était de 0,30 avant la génomique peut devenir un CD de 0,45 (+50 %). L'enjeu pour les années à venir est d'accroître les populations de référence, ce qui multipliera les apports de la génomique.

Des informations sur les caractères maternels des jeunes taureaux

C'est pour les jeunes mâles de monte naturelle que le génotypage a le plus d'intérêt. Pour un acheteur de taureau de monte naturelle, le génotypage permet de sécuriser son choix et de mieux identifier le profil génétique de l'animal convoité. « L'éleveur dispose en particulier d'informations sur les caractères maternels que sont la facilité de naissance, l'aptitude au vêlage et l'aptitude laitière — là où auparavant on ne disposait que des valeurs de ses parents pour se faire une idée. Ces informations sont disponibles même si le taureau n'a aucun descendant contrôlé », explique Serge Miller. Rappelons que, jusqu'à présent, les résultats d'évaluation d'un taureau ne sont diffusés qu'à partir du moment où il dispose de vingt-cinq produits contrôlés, ce qui arrive souvent après la fin de sa carrière de reproducteur en monte naturelle.

L'acquéreur d’un jeune taureau de monte naturelle génotypé peut mieux objectiver ses choix génétiques, et mieux gérer les accouplements pour ceux qui disposent des index de leurs femelles.

Pour les femelles, l’OS Charolaise a choisi la position prudente d'ouvrir actuellement l'accès au génotypage uniquement aux femelles en VA4. Faire génotyper une femelle ayant déjà des produits contrôlés n'a pas vraiment d'intérêt, car la génomique n'apporte pas beaucoup plus de précision pour l'instant. Le génotypage apporte par contre un progrès pour les génisses. L'option d’optimisation du génotypage consiste à faire génotyper chaque année toutes ses génisses. Le tri des génisses à conserver pour le renouvellement s’en trouve sécurisé. En quelques années, toutes les reproductrices sont ainsi connues et les accouplements peuvent être affinés. Pour une option plus économique, l'éleveur peut faire génotyper le tiers de l'effectif de ses génisses parmi les « moyennes », pour lesquelles il n’est pas facile de choisir entre la réforme et la carrière de reproductrices.

Le saviez-vous ?

Population cible

L’OS Charolaise a défini la population cible : les animaux pouvant faire l’objet d’un génotypage Iboval sont les femelles qui sont en contrôle de performances en VA4 et les mâles inscrits « race pure certifiée » ou inscriptibles (y compris embryon) de père et mère inscrits au livre A du livre généalogique.

Pas de différé « racial »

En race Charolaise, l’OS a décidé qu’il n'y a pas de différé « racial » de communication ou de publication des valeurs génomiques pour les mâles comme pour les femelles : les résultats sont rendus à l'éleveur dès leur calcul. Un différé « client », qui consiste à réserver la primeur de l’usage des valeurs génomiques d’un animal donné au client l’ayant commandé (non-publication au SIG), est possible pour une durée maximale de 180 jours.

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