Réussir bovins viande 05 juin 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par Sophie Bourgeois

« Il faut améliorer la régularité de l'offre de broutards » affirme Pierre Richard

Le marché italien du broutard continuera sur les prochaines années à se réduire et à se concentrer. Mais il demeure un marché essentiel et sûr, qu'il faut continuer à travailler. C'est l'avis de Pierre Richard, directeur commercial de Deltagro Union.

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Pierre Richard, est directeur commercial de Deltagro Union. Créée en 2002 à l'initiative de Sicarev, l'entreprise exporte environ 200 000 bovins par an (dont 
135 000 broutards et 45 000 broutardes).
Pierre Richard, est directeur commercial de Deltagro Union. Créée en 2002 à l'initiative de Sicarev, l'entreprise exporte environ 200 000 bovins par an (dont 135 000 broutards et 45 000 broutardes). - © A. Guilloux

L'Institut de l'élevage prévoit que les exportations vers l'Italie à l'horizon 2016 seront de l'ordre de 700 000 à 750 000 broutards par an.

 

Cette réduction du marché engagée depuis 2009, est-elle un problème important pour les débouchés des naisseurs français ?


Pierre Richard - Le marché italien reste et demeurera le premier débouché des broutards français. Il absorbe toujours 85 % des exportations françaises d'animaux maigres issus du troupeau allaitant. Les broutards français y ont toujours trouvé leur place. Et il est très important de continuer à améliorer l'adéquation de l'offre française aux besoins du marché italien.


Quel est selon vous le principal point à améliorer ?


P. R. - C'est grâce à la régularité de l'offre de broutards que nous pourrons améliorer les choses. Depuis longtemps, nous le demandons. L'activité passe du simple au triple entre mai et octobre, ce qui est très difficile à gérer. Or nos clients se sont beaucoup concentrés. Les « petits » clients ont pratiquement disparus de notre portefeuille. En Charolais, une trentaine de gros engraisseurs achètent plus de 70 % des animaux, et ces derniers ont un besoin constant toute l'année.
Des efforts ont été faits pour avancer les vêlages, mais cela n'a permis jusque-là que de décaler la saisonnalité : aujourd'hui la soudure n'est plus en mai-juin-juillet, mais en mars-avril-mai, avec le problème que nous ne trouvons pas, sur cette période, les taurillons d'herbe qui se substituaient aux broutards. Il s'agit donc d'inciter les éleveurs à faire davantage de vêlages sur les mois d'août, septembre et octobre pour lisser les sorties de broutards. Ceci pour pérenniser la demande.
Il faut en même temps s'adapter à la nouvelle demande, en ce qui concerne les Charolais et croisés, pour des broutards plus légers, plus jeunes et surtout plus précoces. Car les magasins travaillent moins et demandent des carcasses plus légères, entre 380 et 400 kilos, finies au plus tard à l'âge de 18 mois.
En races Limousine et Blonde, le marché est plus régulier, car on dispose de broutards plus légers et de sorties beaucoup plus régulières, et parce que ce type d'animaux est destiné à une clientèle différente (boucheries traditionnelles et supérettes).


.  Vous mettez également en avant la nécessité de développer un partenariat technique entre naisseurs français et engraisseurs italiens. Comment cela pourrait-il fonctionner ?


P. R. - L'organisation de producteurs Covido-Bovicoop basée dans le Puy-de-Dôme effectue actuellement un essai avec Azove (Vénétie) et le laboratoire Zoetis pour étudier l'intérêt et la faisabilité de la vaccination par les naisseurs français contre les maladies respiratoires.
Sur le plan des traitements anti-parasitaires également, il y aurait tout un chantier à mettre en place car beaucoup de broutards sont traités peu de temps avant l'expédition et ils le sont à nouveau systématiquement en début d'engraissement. La demande porte également sur des animaux écornés, et les Italiens seraient très intéressés par les animaux génétiquement sans cornes.


. Comment va évoluer le secteur de l'engraissement en Italie selon vous ?


P. R. - La concentration des ateliers italiens d'engraissement va se poursuivre, en parallèle avec le développement de la contractualisation avec la grande distribution. Les financements sont de plus en plus difficiles à obtenir pour les engraisseurs italiens et les problèmes de trésorerie de plus en plus importants, mais nous ne voulons pas nous substituer aux banques. Nous avons choisi pour cette raison, chez Deltagro Union, de ne travailler qu'avec des clients qui sont couverts par une assurance crédit et présentent une bonne garantie. Nous nous sommes d'ailleurs désengagés du marché grec où l'on obtient plus à ce jour de garanties de la part des organismes d'assurance crédit.

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