Réussir bovins viande 04 octobre 2018 à 19h00 | Par S.Bourgeois

"Il est possible de semer des RGI jusqu'à fin octobre"

Julien Greffier, chef marché fourragères chez LG semences, fait le point sur la situation des prairies face à la sécheresse.

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- © S.Bourgeois

Les prairies sont pour la plupart complètement grillées. Si localement quelques orages ont permis à certains éleveurs de semer des fourragères en fin d'été, sur la majeure partie du territoire, cela n'a pas été tenté.

« Il est encore possible de semer des RGI, éventuellement des RGH » estime Julien Greffier, chef de marché fourragères chez LG semences. "Ce sont les espèces les plus rapides d'implantation, et la pluie va finir par arriver. » Le spécialiste fait valoir que les semences de RGI sont parmi les moins chères des fourragères, et le prix des fourrages à acheter pour cet hiver est très élevé. Tenter un semis de RGI est peut-être un risque à prendre dans cette situation exceptionnelle. « Le semis de RGI est possible jusqu'au 30 octobre, et encore dix jours plus tard pour les éleveurs situés dans les zones où le risque de gel est moins important. »

Certains éleveurs envisagent de semer des prairies plus pérennes sous couvert d'un méteil. La date limite conseillée est là aussi le 30 octobre. « La diminution de la longueur du jour est très préjudiciable aux légumineuses."

Il n'y a pas vraiment d'autres solutions pour cet automne.

Comment les prairies permanentes vont-elles se comporter au printemps prochain ? « une prairie naturelle ne meurt jamais, mais la flore évolue de façon plus ou moins importante suite à une sécheresse. » Il est par contre important de nettoyer avant l'hiver les parcelles dans lesquelles il reste un amas végétal, afin de favoriser l'accès à la lumière et le redémarrage au printemps prochain.

Un bilan pourra être fait pour éventuellement envisager des sursemis. « Je conseille à 80 % de faire les sursemis en fin d'été plutôt qu'au printemps, et de respecter les bonnes conditions pour avoir un résultat satisfaisant » précise Julien Greffier.

« Pour des semis au printemps prochain, on peut jouer sur l'alternativité des RGI » suggère Julien Greffier. Rappelons qu'un RGI alternatif n'a pas besoin de froid pour monter en épi. Semé au printemps prochain, il peut permettre au bout de deux mois et demi de refaire des stocks (de l'ordre de 4 à 5 tMS/ha). A l'inverse, un RGI non alternatif semé au printemps prochain fournira des repousses uniquement feuillues, intéressantes pour un pâturage durant toute la saison 2019. « En fin d'été prochain, on pourra envisager d'implanter des prairies plus pérennes. Investir dans la génétique permet de contribuer à sécuriser le système avec une productivité accrue et une meilleure qualité du fourrage.»

Du colza fourrager, à semer quand le sol sera réchauffé et les risques de gelée écartés, est aussi une idée à envisager pour le printemps prochain. Au bout de 70 à 90 jours, on peut le faire pâturer.

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