Réussir bovins viande 24 juillet 2009 à 12h00 | Par F. d'Alteroche

Herd-Book Charolais - Faire remonter les doléances du terrain

Plusieurs problèmes furent abordés lors de l’assemblée générale entre autres le recul de la certification des jeunes animaux et le calcul de certains index.

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- © F.Alteroche

Malgré une hausse sensible (+ 5,4 %) du nombre de vaches cotisantes entre 2007 et 2008, le herd-book Charolais a subi de plein fouet l’an dernier l’impact de la crise et de la mévente des animaux reproducteurs. Comme l’a rappelé Michel Baudot, son président, l’exercice 2008 a été bouclé à l’équilibre mais le contexte économique défavorable a obligé à resserrer tous les boulons côté gestion dans le souci de ne pas augmenter la tarification « restée la même depuis 2001 ». La certification des jeunes animaux est en net recul en mâles (-11 %) comme en femelles (-8,3 %). Pour les mâles, si le système de préinscription est désormais bien intégré par les éleveurs, il génère aussi certains abus. Après différentes recherches pour connaître ce que devenaient ces animaux seulement pré-inscrits, il est apparu que certains de ces taureaux avaient été sciemment vendus pour la reproduction par leurs naisseurs, mais sans le certificat d’inscription. « Ces pratiques devront cesser dès cette année avec des sanctions pour les coutumiers du fait. En effet, ce manque à gagner pour notre structure s’il devait s’amplifier encore, entraînerait inéluctablement une hausse des tarifs pour les éleveurs loyaux », a précisé Michel Baudot.

Indexation jugée incohérente

Parmi les dossiers techniques en cours, la disparité des coûts d’adhésion à Bovins croissance suivant les départements, avec une échelle de tarifs qui va parfois de un à trois, suscite bien des interrogations. Mais à côté de ce volet tarifaire, c’est aussi le mode de calcul de certains index tels qu’ils sont réalisés par l’Inra et l’Institut de l’élevage qui suscite des mécontentements. Dans l’actuel contexte qui rend urgent le besoin de faire des économies, se profile un véritable ras le bol face à une méthode de calcul qui ne donne pas satisfaction aux éleveurs. Nombre d’entre eux jugent incohérents les niveaux d’indexation obtenus par certains de leurs animaux et les performances extériorisées par ces derniers. « En attendant mieux, nous avons décidé de revoir l’édition de certains documents édités par le HBC et de redonner leurs lettres de noblesse aux qualifications raciales au détriment des index (…) qui n’est qu’une valeur estimée d’un animal et pas une valeur absolue ! », a précisé Michel Baudot. Pour les cinq ans à venir, la génomique va constituer, de l’aveu de Jean-Claude Grobaud, responsable de la com-mission amélioration génétique « un virage ». Reste à savoir comment l’aborder. La solution la plus vraisemblable serait de mettre en place des partenariats avec d’autres races à viande afin d’être en mesure d’avoir la large base de référence nécessaire. « Notre banque de prélèvements de cartilages pourra peut-être servir d’outil de travail sur un important volume d’animaux et leurs ascendants disparus et trouver ainsi une nouvelle légitimité », a rappelé Michel Baudot.

2009 était une année élective. Elle s’est traduite par le renouvellement d’une partie des délégués et des administrateurs au sein des différentes commissions. Une semaine plus tard a eu lieu la désignation du bureau et du président du herd-book qui a reconduit Michel Baudot dans ses fonctions pour une durée de trois ans.

Le programme « vêlage faciles » a été bien accueilli par les sélectionneurs avec l’arrivée pour la prochaine campagne d’IA d’un troisième taureau (Noaille VF) sélectionné en ce sens. L’attente en est d’autant plus importante que le marché du renouvellement des taureaux utilisés sur génisses est estimé à 4000 têtes par an. Il est aussi urgent de contrer la tendance d’un nombre accru d’éleveurs d’utiliser des taureaux « d’autres races » pour la première saillie des génisses.

410 reproducteurs (mâles et femelles) inscrits ont été exportés l’an dernier contre plus de 2000 en 2006 et 2007. Comme les autres races, la charolaise a subi de plein fouet les restrictions de transport sur pays tiers liées à la FCO et a, de ce fait, dû renoncer à un joli marché sur le front russe. Qui plus est, les bons clients d’hier deviennent vite les concurrents de demain avec une concurrence impitoyable entre plusieurs pays proposant la même race. Le Charolais français doit donc rester vigilant pour, au sein même de la Fédération « Charolais international », contrer la volonté d’hégémonie des principaux pays anglo-saxons exportateurs de génétique allaitante : États-Unis, Canada, Australie aidés par le Royaume-Uni.

Les concours charolais gagneraient à se remettre en question pour séduire une nouvelle catégorie d’éleveurs. C’est ce qu’a laissé entendre François Gauthé, président de la commission des concours qui, en faisant la comparaison avec d’autres races à viande, souhaiterait « davantage de commentaires » dans le jugement d’appréciation des animaux. « Les concours d’autres races font envie. On entend des commentaires où tout est dit. Pour expliquer le pourquoi du jugement, le jury décrit les grandes caractéristiques des animaux de la sixième à la première place. »

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