Réussir bovins viande 16 juin 2014 à 08h00 | Par Bernard Griffoul

Grouper les vêlages permet de gagner des veaux

Le groupage des vêlages sur trois mois permet de produire 11 % de veaux supplémentaires et de gagner un tiers de travail d’astreinte. La concentration des tâches rend plus efficace la conduite du troupeau.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Parmi les 62 élevages qui concentrent les vêlages sur trois mois, la grande majorité est calée sur des mises bas d’été.
Parmi les 62 élevages qui concentrent les vêlages sur trois mois, la grande majorité est calée sur des mises bas d’été. - © B. Griffoul

Rationaliser le travail en élevage permet d’améliorer la productivité. Ce n’est pas nouveau. Mais, une étude de la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres vient de l’illustrer de façon criante. Pascal Bisson, conseiller bovins viande, s’est penché avec minutie sur les tableaux de bord des éleveurs de son département (chiffres issus de l’identification et des mouvements d’animaux). En race Charolaise, les élevages qui groupent les vêlages sur trois mois ou moins obtiennent 11 % de veaux (vivants à 90 jours) de plus que les élevages dont les mises bas s’étalent sur au moins huit mois consécutifs. Un chiffre établi sur un nombre important de cheptels, donc représentatif.

- © Infographie Réussir

Intervalle vêlage-vêlage et mortalité


Deux raisons à ces performances supérieures : l’intervalle vêlage- vêlage (IVV) et la mortalité. Les élevages à vêlages groupés ont un IVV de 371 jours, soit 24 jours de moins que les cheptels à mises bas dispersées. « Cet IVV plus court est la conséquence d’une date de début et fin de reproduction bien définie, analyse Pascal Bisson. Mais, il faut un pourcentage plus important de génisses de renouvellement (+ 5 %) pour sécuriser cette conduite, surtout au début. En se donnant une période de reproduction limitée, on sélectionne sur la voie fertilité et on élimine à terme les lignées les moins fertiles. »
La concentration des vêlages entraîne également moins de mortalité que l’étalement (- 3 %). Plusieurs causes à ce résultat plus favorable. « La pression sanitaire est moins forte car les vêlages durent moins longtemps », indique Pascal Bisson. Les vêlages d’été, majoritaires dans ce groupe d’élevages (50 sur les 62 étudiés), réduisent également les risques sanitaires. « Les conditions de vêlages liées au choix des reproducteurs (63 % de veaux nés d’IA) sont plus favorables, ajoute le conseiller. Mais la mortalité est pénalisée par plus de gémellarité (+ 1,9 %), liée au flushing pratiqué dans ces élevages. Au final, on gagne tout de même trois points de mortalité. » Ces cheptels ont un vêlage par vache présente et par an, tandis qu’en étalant les mises bas, on entretient 110 vaches pour faire naître 100 veaux et donc des animaux improductifs.
Sur les autres races du département (Parthenaise, Limousine, Blonde d’Aquitaine), les écarts sont moins nets. Très peu d’élevages font vêler sur moins de trois mois. Les comparaisons se sont donc faites avec une période de vêlages un peu plus longue. Les résultats restent néanmoins à l’avantage des vêlages groupés : gain d’IVV de 17 à 22 jours et de mortalité de 1 à 2 %, soit un écart de veaux de 3 à 6 % en cumulant les deux critères.


Production de dix tonnes de viande supplémentaires


Sevrer davantage de veaux grâce au groupage des vêlages permet de produire davantage de viande. Pascal Bisson a fait le calcul en reprenant les écarts d’IVV et de mortalité entre les deux groupes d’éleveurs charolais. Sur un cheptel de cent vaches présentes, la simulation montre que grouper les vêlages sur moins de trois mois permet de produire dix tonnes supplémentaires de viande vive par rapport au même cheptel qui étalerait ses mises bas sur plus de huit mois. Un tonnage qui représente 45 kilos de plus par UGB. À 2,3 euros le kilo de viande vive, ces dix tonnes permettent largement de couvrir les besoins et les coûts alimentaires un peu plus élevés : il faut nourrir un peu plus d’UGB et à une période (vêlages d’été) qui exige davantage de stocks.
Grouper les vêlages permet aussi de gagner du temps. Des enquêtes travail ont montré que les éleveurs qui ont concentré les vêlages sur trois mois passent 36 % de temps en moins que leurs collègues avec des vêlages dispersés pour s’occuper des animaux (travail d’astreinte). Soit 18 heures 35 minutes par vêlage contre 28 heures et 50 minutes. C’est sur l’alimentation et la surveillance des animaux que se fait essentiellement ce gain. Concentrer les tâches permet d’être plus efficace. Ce groupage des vêlages n’est pas contradictoire avec l’objectif des organisations de producteurs soucieuses d’un étalement de la production : « Faire moins d’actes commerciaux et faire circuler moins de camions dans les fermes est pour eux aussi un gage d’efficacité », souligne Pascal Bisson.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Bovins Viande se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L’actualité en direct
www.la-viande.fr

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui