Réussir bovins viande 01 février 2006 à 16h13 | Par Sophie Bourgeois

Engraissement de jeunes bovins - Avec les rations sèches, soigner les périodes de transition et d´abattage

Deux clés pour réussir avec les rations sèches pour jeunes bovins sont une transition alimentaire dans les règles et une décision judicieuse de la date d´abattage.

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Avec une ration sèche, la vitesse de croissance des jeunes bovins démarre en flèche. Elle augmente considérablement en quelques semaines, pour atteindre 1800 à 1 900 g/jour en moyenne quand les animaux pèsent environ 450 kg. Et en fin d´engraissement, la vitesse de croissance se dégrade rapidement. Le profil est complètement différent de celui obtenu avec un régime ensilage de maïs plus 4 kg de blé, qui est beaucoup plus régulier (voir schéma). Pour bien accompagner ces données physiologiques et tirer le meilleur parti des régimes secs, le début et la fin de l´engraissement méritent beaucoup de rigueur technique.
Les rations sèches demandent beaucoup de rigueur technique. ©S. Bourgeois

Une place à l´auge suffisante
Albert Hardy et Gérard Brandon d´Arvalis Institut du Végétal, à partir de nombreux essais réalisés à La Jaillière (Loire-Atlantique) et au SUACI des Bordes (Indre) sur des Charolais et des Limousins, conseillent d´appliquer scrupuleusement une période de transition alimentaire sur six à huit semaines. « Pour des broutards de 300 à 350 kg vif qui ont été peu ou pas du tout complémentés avant sevrage, il faut augmenter de 500 g la quantité de céréales tous les trois ou quatre jours. » Au bout de cinq semaines, les animaux reçoivent plus de 4 kg ce qui correspond à ce stade à une distribution à volonté. La quantité de complément azoté étant quant à elle augmentée de 500 g par semaine.
Dès le premier jour, des fibres longues doivent être bien accessibles à tous les broutards, et à volonté. Il peut s´agir de paille de blé propre ou bien de foin tardif de premier cycle récolté dans de bonnes conditions. Avec des broutards qui font de 350 à 400 kg à leur arrivée en engraissement et qui n´ont pas été complémentés avant sevrage, il faut tenir compte du fait que leur capacité d´ingestion est plus importante. La quantité de céréales est augmentée de 700 g tous les trois ou quatre jours soit de 1,5 kg par semaine.
Si les broutards ont consommé, avant sevrage, des concentrés différents de ceux qui seront distribués pour l´engraissement, il faut mélanger les deux concentrés sur deux semaines pour aller progressivement vers le concentré d´engraissement. « Mais attention, si on ne dispose pas de place à l´auge suffisante pour tous les broutards sous la mère, il faut procéder comme si les animaux n´avaient pas eu de complémentation avant sevrage. Sinon, certains mangeront trop avec à la clé un risque d´accident digestif, et d´autres seront en panne de croissance », explique Albert Hardy.

Vérifier la consommation de céréales
Une fois l´engraissement lancé, Albert Hardy et Gérard Brandon conseillent de contrôler le niveau de consommation. « A partir de 450 à 500 kg de poids vif, les jeunes bovins consomment 7 à 8 kg de blé brut, et ceci jusqu´à la fin de l´engraissement. Si on observe une baisse de 15 à 20 %, il faut réagir. » Toutes fèces jaunes et liquides doivent alerter. Si on est équipé, des pesées tous les mois permettent de contrôler le niveau de la vitesse de croissance. Si après 450 kg de poids vif les animaux sont à 1400 g/jour, il faut s´interroger. « Ceci signifie vérifier d´abord l´accès et la qualité de la paille. Ensuite, surtout en fin d´engraissement, une à deux cure(s) d´hépatoprotecteur par mois peuvent permettre de faire repartir la croissance. »
En fin d´engraissement, un examen individuel toutes les deux semaines permettra d´apprécier quand il est le plus judicieux de faire abattre le jeune bovin. On regarde le développement musculaire (dos), l´état d´engraissement (queue et côtes) et le comportement de la vitesse de croissance (pesée tous les mois si c´est possible). Il faut garder ceux qui continuent à faire de la croissance.
L´objectif peut être de ne pas continuer à nourrir des jeunes bovins dont la vitesse de croissance a chuté en-dessous de 1400 g/jour. Les premiers à partir sont les plus précoces, et pas forcément les plus lourds.

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