Réussir bovins viande 12 novembre 2008 à 10h35 | Par F. d'Alteroche

Energies renouvelables - Et si vous deveniez producteur d'énergie...

Malgré sa récente baisse, la hausse du prix du pétrole a été un avertissement supplémentaire pour confirmer la nécessité de réduire notre dépendance envers les énergies fossiles. La production d’énergies renouvelables a donc le vent en poupe. Et l’agriculture dispose de nombreux atouts sur ce volet.

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Bois, éolien, biogaz ou photovoltaïque, les agriculteurs sont bien placés pour profiter du développement des énergies renouvelables.
Bois, éolien, biogaz ou photovoltaïque, les agriculteurs sont bien placés pour profiter du développement des énergies renouvelables. - © F. d'Alteroche

Une grande partie de l’énergie aujourd’hui utilisée dans le monde provient de gisements de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) ou d’uranium. Ces stocks d’énergie potentielle ont été constitués au fil des âges et de l’évolution géologique de notre planète. Disponibles en quantités limitées, ce sont des énergies épuisables. Par opposition, les énergies fournies par le soleil, le vent, les chutes d’eau, la croissance des végétaux, les marées, la chaleur de la terre sont renouvelables. Pendant une bonne partie du vingtième siècle, un pétrole très bon marché et facilement accessible n’a pas incité à investir dans les énergies renouvelables. Il a fallu attendre les hausses significatives du prix du baril pour faire évoluer les choses. Certes, après avoir atteint des sommets en début d’été, le prix du pétrole a très nettement reflué ces dernières semaines. Fin octobre, il avoisinait les 70 dollars le baril contre 140 en juillet.Tout laisse cependant à penser que cette situation n’est que transitoire compte tenu de l’évolution de la démographie mondiale et donc de l’accroissement des besoins en énergie. Le développement des énergies renouvelables a donc le vent en poupe et les agriculteurs sont particulièrement bien placés pour en profiter. Les garanties de prix de rachat de l’électricité par EDF génèrent actuellement un engouement pour les installations photovoltaïques. Les toits des bâtiments agricoles bien exposés constituent un potentiel de surfaces considérables. Il peut donc être tentant d’investir pour installer des panneaux photovoltaïques afin de s’assurer un complément de revenu sans main-d’oeuvre supplémentaire.

Les agriculteurs sont bien placés

Autrefois utilisée pour transformer le grain en farine, l’énergie éolienne peut elle aussi être transformée en électricité. Certes, les grandes éoliennes qui culminent à 90 mètres de haut représentent un investissement d’un montant prohibitif pour une exploitation individuelle. Il existe cependant des installations de moindre dimension, susceptibles de produire de l’électricité pour un investissement initial plus accessible. La valorisation des fumiers et lisiers dans un objectif de produire du biogaz qui lui-même servira à produire de l’électricité est une troisième voie qui peut permettre à des éleveurs d’être également producteurs d’énergie à partir des différentes déjections de leurs animaux.Très développée en Allemagne, ce type d’installation est encore en nombre confidentiel dans notre pays. Avec une ressource en bois considérable dans la plupart des régions d’élevage bovin, il est bien dommage de se chauffer avec du fioul ou du gaz lorsque l’on est éleveur. Le milieu agricole possède de nombreux atouts pour faciliter l’installation de chaudières à bois déchiqueté. Ces dernières sont techniquement au point. Faciles à utiliser et à approvisionner en combustible dans le contexte d’une exploitation où la ressource en bois est quasiment gratuite et où le gros matériel est disponible, elles contribuent à redonner tout son intérêt au bois comparativement aux chaudières à bûches. Surtout si l’on sait qu’un mètre cube apparent de plaquettes forestières fabriquées à partir d’un peu plus d’un demi-stère de bois est équivalent à 100 litres de fioul sur le plan énergétique avec un prix de revient nettement inférieur. Photovoltaïque, éolien, biogaz, plaquettes de bois, les éleveurs ont donc de nombreuses cartes en main pour devenir également « énergiculteurs ». Ce peut être pour développer une activité complémentaire qui leur permettra de diversifier leurs revenus. Mais ce peut être aussi pour faire des économies en utilisant au mieux les différentes ressources disponibles sur leurs exploitations. 

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