Réussir bovins viande 20 octobre 2016 à 08h00 | Par Sophie Bourgeois

Des vaches engraissées tout simplement à l’herbe

Des vaches vides et non suitées sont faciles à engraisser à l’herbe sans complémentation au printemps. À condition de sortir dès le stade 300°C et de les faire tourner sur six ou sept paddocks de qualité.

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L’une des difficultés est de pouvoir rassembler un effectif suffisant pour constituer un lot de vaches à engraisser.
L’une des difficultés est de pouvoir rassembler un effectif suffisant pour constituer un lot de vaches à engraisser. - © Chambre d'agriculture de la Creuse

Finir les vaches de réforme à l’herbe n’est ni original ni compliqué, mais finalement assez peu d’éleveurs franchissent le pas. La chambre d’agriculture de la Creuse a mis en place un suivi en exploitations pendant trois ans pour relancer l’intérêt sur cette pratique, en mesurant les performances et les coûts.

« Pour obtenir des vaches prêtes à être abattues avant mi-juillet sans complémentation, il est important de sélectionner des vaches âgées de moins de 10 ans et en parfait état sanitaire. Elles doivent notamment être déparasitées pour la mise à l’herbe », explique Justine Mandonnet, de la chambre d’agriculture de la Creuse.

Viser une note d'état corporel d'au moins 2 à la mise à l'herbe

L’une des difficultés est de pouvoir rassembler un effectif suffisant pour constituer un lot de vaches à engraisser. La technique fonctionne avec des vaches vides et non suitées. Si les vêlages sont calés sur la fin d’hiver, les vaches vides peuvent passer à l’engraissement peu de temps après leur détection. Si les vêlages sont plus précoces, un pré-engraissement en bâtiment peut être envisagé avec une ration d’entretien distribuée jusqu’à la mise en pâture. « Il faut viser une note d’état corporel d’au moins 2 à la mise à l’herbe, sinon les vaches ne peuvent être finies avant la baisse de la pousse d’herbe fin juin », précise Justine Mandonnet.

Une marge sur coût alimentaire de 205 euros par vache

La sortie au pré doit intervenir précocément, dès que la somme des températures est de 300°C. C'était les cas en 2015 et en 2016 durant la dernière semaine de mars dans la Creuse. « Sortir les animaux suffisamment tôt permet de ne pas être dépassé par la pousse », rappelle Justine Mandonnet. La qualité de la prairie doit être suffisante. Elle doit au moins être riche en légumineuses. Dans ce suivi, le pâturage a été conduit selon les références du réseau Herbe et fourrages du Limousin. En moyenne, les vaches disposent classiquement de 30 à 40 ares par UGB au printemps, et de 40 à 50 ares par UGB en été. Elles changent de paddock tous les trois à cinq jours avec un retour sur le même paddock après 25 à 30 jours.

« Mettre en place un lot de vaches à engraisser à l’herbe est plus facile dans les élevages qui ne sont pas trop chargés, remarque Justine Mandonnet. Mais en général, il est possible de réserver une des bonnes parcelles pour elles sans trop désorganiser le planning de pâturage. »

C’est ce qu’ont mis en place depuis deux ans Sébastien, Sandrine et Sylvain Alhéritière, éleveurs de Charolaises à Issoudun Letreix, dans la Creuse. Cette année, six vaches âgées de 4 à 11 ans ont été sélectionnées pour être engraissées à l’herbe. Certaines avaient été détectées vides en janvier, et hivernées dehors avec une ration d’entretien. D’autres avaient perdu leur veau dans l’hiver. Une des meilleures parcelles de prairie naturelle de 2,3 hectares a été aménagée pour elles en cinq paddocks autour d’un abreuvoir. Les vaches y ont été rassemblées le 4 avril. L’une d’elles s’est révélée gestante et a été vendue précocément en mai, et les cinq autres ont été abattues le 5 juillet à une note d’état moyenne de 3. « Nous avons maintenant constaté qu’il est possible d’atteindre un stade de finition satisfaisant avec uniquement de l’herbe, explique Sébastien Alhéritière. On avait bien anticipé cette année. Les vaches ont disposé d’herbe courte et de bonne qualité durant les trois mois d’engraissement. » La croissance moyenne a été de 1 500 g/j le premier mois, puis de 1850 g/j le second mois et enfin de 930 g/j le troisième mois. Le coût de la période d'engraissement au pâturage est estimé à 0,30 euro par vache et par jour. Les vaches ont été vendues en moyenne 3,40 euro par kilo de carcasse. La marge sur coût alimentaire s’élève ainsi à 205 euros par vache. « Cette technique apporte une rentrée d’argent à un moment intéressant, et le travail se résume à de la surveillance quotidienne », apprécie aussi l’éleveur.

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