Réussir bovins viande 12 janvier 2018 à 08h00 | Par François d'Alteroche

Des cow-boys en Bourbonnais

Pascal Morlat, dans l’Est de l’Allier, se fait aider chaque année par une quinzaine d’amis cavaliers pour rentrer son cheptel avant l’hiver. En procédant ainsi, une petite journée suffit.

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11 novembre, chaque année : une quinzaine de cow-boys se retrouvent chez Pascal Morlat. Le temps que tous les cavaliers soient arrivés, que le café soit bu et les chevaux sellés et prêts à travailler, il est 10 h. © François d'Alteroche Surtout pas de galopades intempestives ! Les animaux sont, bien au contraire, tranquillement rassemblés dans le calme, et la plupart du temps au pas, en encadrant chaque lot avec des cavaliers devant, derrière et sur les côtés. © François d'Alteroche Les clôtures sont bien disposées et forment souvent comme des entonnoirs, qui facilitent la circulation des animaux. Dès qu’un lot est rentré, les garçons vachers repartent chercher le suivant, pour enchaîner sans c © François d'Alteroche Une fois le lot sorti de la pâture, les cavaliers en tête du cortège doivent aller barrer les entrées de chemin, les ouvertures de parcelles et les abords de village pour canaliser le bétail. Cela nécessite de tout © François d'Alteroche Le travail pourrait être réalisé avec moitié moins de personnes, mais avec des cavaliers à la fois habitués à l’équitation d’extérieur et connaissant suffisamment le comportement des bovins pou © François d'Alteroche

« Depuis une dizaine d’années, mes lots sont systématiquement rentrés chaque année le 11 novembre. La date est toujours la même car elle est facile à retenir pour la quinzaine d’amis cavaliers qui viennent me donner le coup de main. Ce sont, comme moi, des inconditionnels d’équitation américaine, habitués à travailler le bétail à cheval », explique Pascal Morlat, éleveur à Isserpent, dans l’Allier. « Je les ai pour la plupart rencontrés au gré de différentes manifestations relatives à l’équitation Western. Mais ce ne sont pas des cow-boys d’opérette ! Ils ont vraiment l’habitude de faire ce travail. Leurs chevaux sont parfaitement aux ordres et sont régulièrement utilisés pour travailler sur du bétail. » Autant de cavaliers qui ont également une bonne connaissance du bétail, savent comment l’aborder et connaissent tout de son instinct grégaire.

« Donc, tous les 11 novembre, ils me rendent service et en même temps se font plaisir. Au final, tout le monde passe une bonne journée et tous mes lots sont rentrés. Pas besoin de bétaillères ! », s'amuse Pascal Morlat. Tout est réalisé à cheval, avec juste un ou deux quads en assistance pour ouvrir et fermer les clôtures et éviter aux cavaliers de monter et descendre sans arrêt. Les cow-boys du Bourbonnais sont en selle à 10 h, s’arrêtent vers 13h30 pour déguster un bon bourguignon au coin du feu, et à 18h00 tout est terminé après avoir, cette année, successivement convoyé sept lots de vaches suitées et génisses pleines, soit un peu plus de 200 têtes.

Jamais de grand galop

Tout se passe dans le calme, et au pas la plupart du temps. « Il est de toute façon totalement hors de question de ramener du bétail au grand galop. Je ne le supporterais pas. J’aime trop mes animaux », précise le grand ordonnateur de la journée. Et de préciser qu’avec des vêlages de fin d’été, les lots sont préalablement recomposés à ce moment-là pour être, à quelque chose près, déjà calibrés à la capacité d’accueil des différentes cases. Mais, le 11 novembre, Pascal Morlat n’est pas en selle. Il reste dans les stabulations, avec un ami pour l’aider à ouvrir et fermer les barrières, pour que le bon lot aille dans la bonne case. Et c’est de là qu’il dirige les opérations.

La plupart des cavaliers connaissent cependant très bien son parcellaire, car où ils donnent parfois un coup de main en été pour déplacer des lots. Ils savent donc parfaitement où sont positionnés les différents passages que devront emprunter chaque lot. Idem pour les carrefours et entrées de parcelles, où doivent se positionner les cavaliers pour empêcher les animaux de passer et les guider jusqu’à la stabulation. Pascal Morlat leur rappelle simplement, au fil des arrivées, quel est le lot suivant qui doit être ramené et de combien de têtes il se compose, afin d’être bien certain de ramener tout le monde.

Il n’y a évidemment pas de grand-route à traverser. Juste une départementale sur laquelle il faut faire patienter certains automobilistes pas toujours compréhensifs. « Mais le plus souvent cela se passe bien. On a souvent droit aux photos ! », conclut l'éleveur.

Vêlages d’automne et parcellaire favorable

Le cheptel de Pascal Morlat totalise cette année 112 vêlages : deux tiers de Salers et un tiers de Charolaises. La quasi-totalité des vaches vêlent en septembre et octobre. Tous les lots sont hivernés en bâtiment, hormis le lot de génisses de 1 an. Le parcellaire est plutôt bien regroupé, à l'exception d'un ensemble à 6 km du siège de l’exploitation, qui oblige à déplacer deux lots sur une route départementale. Sur les pâtures, la plupart des clôtures sont électriques et ont été astucieusement aménagées de façon à faciliter la circulation des lots.

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