Réussir bovins viande 26 juin 2018 à 14h00 | Par Bernard Griffoul

Baraqueville lance son marché au cadran

Deux marchés en perte de vitesse ont été transformés en marché au cadran, à Baraqueville dans l’Aveyron, pour toutes les productions bovines avec, pour l’instant, un investissement limité.

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L’investissement du marché au cadran comprend deux modules (acheteurs, chef des ventes et vendeurs), un ring peseur et des box supplémentaires pour accueillir vaches et broutards.
L’investissement du marché au cadran comprend deux modules (acheteurs, chef des ventes et vendeurs), un ring peseur et des box supplémentaires pour accueillir vaches et broutards. - © B. Griffoul

La buée s’obstine à voiler la grande baie vitrée du bloc acheteurs, en ce lundi froid et pluvieux du mois de mai. Cela n’empêche pas les transactions d’aller bon train, cadencées à un rythme soutenu par Baptiste Galland, chef des ventes du marché au cadran d’Ussel, en Corrèze. Il prête main-forte tous les lundis après-midi au nouveau marché au cadran de Baraqueville, dans l’Aveyron, dans l’attente du recrutement de la cheffe des ventes pressentie. Lancé un mois plus tôt, le marché au cadran bovins le plus au sud de la France a pour but de relancer deux marchés moribonds, qui se déroulaient à deux jours d’intervalle : les petits veaux laitiers le lundi et les veaux gras le mercredi. Ce dernier avait vu ses effectifs fondre en quelques années (de 240 à 40 par semaine) car, positionné trop tard en semaine, il permettait juste aux négociants de compléter leurs achats et avait perdu la confiance des éleveurs. « Il fallait soit fermer les portes, soit proposer autre chose, sachant que seuls les marchés au cadran progressent en France », expliquent Christiane Gombert, Alain Bories et Jean-Marie Fabre, trois des initiateurs du projet. Ils sont une poignée d’éleveurs et élus à avoir parié sur cette relance. Avec d’autres éleveurs et quelques négociants, ils ont créé la SAS Cadran Ségali pour porter le projet. Présidée par Vincent Albouy, elle bénéficie d’une délégation de service public (DSP) de la communauté de communes pour trois ans. « Le temps de développer le marché et de faire ses preuves », affirment-ils.

Limiter les investissements en utilisant les infrastructures locales

Les porteurs du projet n’ont pas pris de risque en termes d’investissement. Les infrastructures de vente ont été installées dans la grande halle existante, qui accueille de nombreuses manifestations agricoles et foires. Un investissement limité, de 250 000 euros, porté par la communauté de communes. « À l’avenir, il faudra envisager une vraie structure de vente », prévoient déjà les responsables de la SAS.

Le marché au cadran a été élargi à toutes les productions bovines : petits veaux, vaches, broutards et veaux gras, de toutes races. Les ventes se déroulent successivement de 13 h à 16 h. Il a été mis en place en concertation avec les opérateurs commerciaux du secteur. La coopérative Unicor a son propre marché au cadran de veaux gras le lundi après-midi, à une trentaine de kilomètres de Baraqueville. Les horaires ont été décalés pour que les négociants puissent assister au deux.

Des bénévoles motivés et une bonne ambiance commerciale

Pour crédibiliser le marché, la SAS assure une garantie de paiement aux éleveurs et un paiement le jour de la vente. En contrepartie, les acheteurs doivent présenter une caution bancaire ; ils payent la SAS à 14 jours. Lors de la vente, par enchères montantes, l’anonymat est préservé. Les animaux sont annoncés jusqu’au vendredi 14 h sur le site internet de la SAS ou par téléphone. Si le délai n’est pas respecté, ils sont acceptés mais payés à 21 jours. Éleveurs et négociants versent un capital social de 0,25 % de la transaction jusqu’à un maximum de 1 000 euros. La mise en place d’une cotation, reconnue par la FMBV (Fédération des marchés de bétail vif) est prévue à partir de juin.

En sixième semaine, le marché a reçu 140 animaux. Pas loin du seuil de viabilité, estimé à 150 animaux. Quelque 200 éleveurs s’y étaient déjà rendus et une vingtaine de négociants y participent régulièrement. Des éleveurs qui n’allaient pas sur les marchés de gré à gré commencent à amener des animaux. « Dès le premier marché, il y avait une bonne ambiance commerciale. Tous les négociants du pays sont présents, observe Baptiste Galland. Il y a un réseau de bénévoles, très motivés, qui maillent le territoire et font avancer le projet. » Pour durer, cette organisation va devoir se structurer. Le rôle du futur chef des ventes – non encore recruté mi-mai – sera aussi d’aller convaincre de nouveaux éleveurs, appuyé par un bouche-à-oreille qui semble déjà favorable.

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