Réussir bovins viande 17 décembre 2010 à 11h37 | Par F. d'Alteroche

Au Gaec du Palais - 1300 jeunes bovins, 350 vaches et 2500 porcs avec 4 unités de main d'oeuvre

A Bosmoreau les Mines dans la Creuse, Éric et Bruno Plancoulaine ont fait le choix d’un système très intensif pour leurs 600 places d’engraissement et extensif pour leurs 350 vaches allaitantes.

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Bruno et Éric Plancoulaine et Marc 
Didienne: «Notre objectif n’est pas de produire des animaux très lourds, mais des animaux qui correspondent bien aux débouchés de notre abatteur côté poids et qualité des carcasses de façon à travailler avec lui dans la durée»
Bruno et Éric Plancoulaine et Marc Didienne: «Notre objectif n’est pas de produire des animaux très lourds, mais des animaux qui correspondent bien aux débouchés de notre abatteur côté poids et qualité des carcasses de façon à travailler avec lui dans la durée» - © F. Alteroche

Davantage de jeunes bovins, moins de vaches allaitantes et statu quo sur les cochons. Voilà la synthèse des grandes évolutions mises en place au Gaec du Palais depuis l’installation en 2004 de Bruno Plancoulaine avec son père Éric sur le Gaec familial. « J’ai toujours voulu faire de l’engraissement. C’est une activité qui m’intéresse davantage que la partie naissage », explique le jeune éleveur, plus particulièrement en charge de cet atelier tandis que son père supervise la partie vaches allaitantes et porcs. Cette montée en puissance de l’engraissement s’est concrétisée par la construction d’un imposant bâtiment de 600 places réparties en quarante cases en 2007. Il a remplacé plusieurs stabulations peu fonctionnelles. « Dans les années qui ont suivi mon installation, nous avons engraissé jusqu’à 1000 têtes par an dans nos précédents bâtiments. Mais il fallait rationaliser tout ça, pour travailler dans de bonnes conditions et améliorer les performances des animaux. Nous travaillons en direct avec la société Covilim, à Limoges. Ils sont spécialisés dans le JB et l’export. Sans l’existence de ce débouché nous n’aurions probablement pas mis en place un atelier de cette dimension. C’est un véritable partenariat. » Pour avoir un produit bien en adéquation avec les débouchés les plus rémunérateurs de cette entreprise, l’exploitation s’est spécialisée dans les JB précoces en travaillant avec des rations à haute densité énergétique. La durée de finition n’excède guère quatre mois. « Conformément aux souhaits de notre abatteur, notre objectif, est de produire des animaux abattus entre 12 et 14 mois en visant des poids de carcasse de 330 à 350 kilos avec une viande et un gras clair sur des carcasses très conformées. Nous travaillons principalement avec des Limousins, même si nous avons rentré quelques Blonds cet été. A côté de ses exigences sur la fourchette de poids à respecter, notre abatteur veut surtout une qualité de viande très régulière, aussi nous travaillons avec une ration dont les matières premières restent toujours les mêmes avec un taux d’incorporation qui dans l’année ne varie que très peu entre elles. » Côté effectifs, les dernières prévisions du calendrier d’abattage font état d’un peu plus de 1300 JB engraissés cette année, soit un peu plus de 2 JB/place/an.


ACHATS ET VENTES EN DIRECT


Les 150 à 160 mâles sevrés chaque année sur l’exploitation sont loin de suffire pour approvisionner l’atelier. Adeptes des achats et des ventes en direct pour limiter les intermédiaires, les Plancoulaine Père et Fils sont des fidèles du marché au cadran d’Ussel en Corrèze. « C’est à 110 kilomètres du siège de l’exploitation. On y va toutes les semaines. » C’est là qu’ils achètent la quasi-totalité de leurs broutards et qu’ils vendent l’essentiel des femelles issues de leur troupeau. « Pour le maigre, on recherche des broutards limousins âgés d’environ 8 mois d’un poids compris entre 280 et 320 kilos. Il nous faut des animaux suffisamment conformés avec du potentiel. Ils restent pour la plupart entre 110 et 150 jours dans notre atelier. Une bonne partie des animaux engraissés sur notre exploitation sont destinées au marché grec. » L’emploi du temps de la semaine est rythmé par les départs et les arrivées d’animaux. Une partie du lundi est consacrée au tri des 25 à 30 JB qui seront abattus le mercredi. « On pèse les animaux quand ils arrivent en fin d’engraissement ». Le choix de ceux qui vont partir est lié à ce poids en jouant ensuite sur la conformation et le niveau de finition pour que le lot corresponde à ce qui a été défini au téléphone avec l’acheteur de Covilim. Le mardi est consacré aux achats d’animaux maigres à Ussel. « J’achète entre 20 et 40 broutards chaque semaine. Ce chiffre dépend des apports, des tarifs et de la qualité des animaux disponibles. » Les veaux achetés sont ramenés sur l’exploitation le soir même et placés dans un premier temps dans les cases d’attente situées à proximité des installations de tri et contention. Le mercredi matin est systématiquement réservé au chargement et à la livraison à l’abattoir de Limoges (à 60 km de l’atelier) des JB gras marqués le lundi. « Le mercredi après-midi, on vaccine et on met en lots dans les cases d’engraissement, les broutards achetés la veille puis on fait le rappel sur les animaux achetés trois semaines auparavant."

La ration d’engraissement est distribuée une fois par jour, le matin avec une mélangeuse à vis vertical de 12 m3 à raison de trois bols pleins tous les deux jours. Il s’agit d’une ration complète élaborée depuis début 2009 avec Marc Didienne, nutritionniste indépendant qui intervient sur l’exploitation en tant que prestataire de services. Ce dernier établit le dosage entre les différentes matières premières utilisées. A lui d’établir la recette pour avoir la ration qui présente le meilleur compromis possible entre le coût et les performances des animaux. « Auparavant, on a travaillé avec de l’aliment complet avec plusieurs fabricants sans avoir les résultats espérés. Ce principe du travail avec une mélangeuse et l’association de différentes matières premières nous donne satisfaction tant sur le plan économique que technique, avec de bonnes remontées de la part de Jean-Louis Sudres, directeur de Covilim pour ce qui est de la qualités et de la régularité des carcasses », souligne Éric Plancoulaine. « Avant de regarder uniquement le prix de la formule que je leur propose, Éric et Bruno Plancoulaine veulent surtout une ration permettant des performances de haut niveau. Ils sont très forts pour négocier au mieux le prix de leurs matières premières mais font aussi régulièrement des analyses de ces dernières pour en vérifier la qualité », explique Marc Didienne. Les différentes matières premières utilisées sont toujours les mêmes avec des achats couverts sur une longue période. La ration est largement basée sur le maïs qui se présente sous deux formes pour varier les sources d’énergie. C’est une ration à très forte densité énergétique. Calculés sur la base des résultats de poids de carcasse avec un rendement moyen de 62 %, les GMQ avoisinent les 1650 g pour les derniers lots abattus. « On achète pratiquement toutes les matières premières à l’extérieur auprès de différents fournisseurs et courtiers. Nous ne produisons que du maïs récolté sur 40 hectares sous forme de grains humides, mais cela représente cette année que 250 des 1 400 tonnes utilisées. » Pour les mois à venir, Éric et Bruno Plancoulaine n’entendent guère appliquer de bouleversements profonds à leur système. La hausse des matières premières pourrait simplement les inciter à cultiver davantage de maïs l’an prochain (80 ha contre 50 cette année) de façon à gagner un peu en autonomie. Ils n’excluent pas non plus de réduire légèrement l’importance de leur troupeau allaitant pour que le nombre de leurs vaches soit mieux ajusté avec celui de leurs PMTVA.

4,5 UTH dont 3 salariés

Éric et Bruno Plancoulaine sont secondés par trois salariés dont un à mi- temps. L’un se consacre plus particulièrement au cheptel allaitant avec en hiver l’affourragement quotidien de tous les lots. Un autre est en charge de la partie engraissement avec confection puis distribution de la ration et paillage des animaux. Le troisième se partage entre les différents ateliers en fonction de ce qu’il y a à faire. Tous les gros travaux (semis et récolte du maïs, épandage du lisier et du fumier) sont faits par une entreprise. « Pour le foin et l’enrubannage (autour de 1200 bottes de foin et 400 d’enrubannage cette année) l’entreprise fauche et presse et nous faisons le reste. Nous réalisons en revanche nous-mêmes le suivi et l’entretien de toutes les clôtures. » Ce mode de fonctionnement vise à limiter les achats de matériel et les frais de personnel, en revanche Éric Plancoulaine n’a pas hésité à investir dans un pont bascule pour suivre très précisément ce qui rentre et sort de l’exploitation.

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