Réussir bovins viande 16 octobre 2018 à 12h00 | Par Sophie Bourgeois

Atless pour mieux accompagner les engraisseurs face au risque de maladies respiratoires

Terrena calcule, pour chaque lot de broutards livré à un engraisseur, une note de sécurité par rapport au risque de maladies respiratoires. Une démarche qui colle en plein au plan EcoAntibio 2.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Benoît Gavaland engraisse 150 jeunes bovins par an.
Benoît Gavaland engraisse 150 jeunes bovins par an. - © Gaec des Cohardais

Au Gaec des Cohardais à Lusanger, en Loire-Atlantique, cent cinquante jeunes bovins sont engraissés chaque année. Benoît Gavaland et sa mère élèvent également 50 à 55 vaches laitières, et produisent des céréales et des légumes de plein champ. « Nous achetons des broutards Charolais, et un peu de Limousins. Nous calons les dates et les poids d’entrée des différents lots pour viser des ventes fin août, puis de décembre à mars, car ce sont les périodes où le marché est le plus tirant. Notre objectif est d’éviter les sorties de printemps », explique Benoît Gavaland. Le poids d’entrée des broutards varie ainsi selon les lots de 280 à 350 kg vifs. Les maladies respiratoires sont maîtrisées. « On soigne au grand maximum dix jeunes bovins sur cent cinquante dans l’année. » Ce qui n’empêche pas que l’éleveur apprécie Atless, l’outil mis en place par son organisation de producteurs Ter’élevage qui a été développé avec l’école vétérinaire Oniris. Il s’agit d’une note de sécurité par rapport au risque de maladies respiratoires, attribuée à chaque lot de broutards livrés. Elle se présente sous la forme d’un curseur positionné sur une réglette, et est figurée sur le bon de livraison du lot. Le lot livré le 2 octobre dernier s’est présenté avec une note juste moyenne. Le lot arrivé le 30 juin avait une note un peu meilleure. « Cela me donne une information supplémentaire pour adapter la surveillance du lot. »

Les pratiques de surveillance des animaux sont adaptées

« Si la note de sécurité est faible, on peut conseiller de renforcer la surveillance par rapport aux habitudes. Ce peut être par exemple de passer voir les animaux matin, midi et soir au lieu de matin et soir, explique Jean-Paul Hay technicien bovins Ter’élevage. On peut aussi conseiller à l’éleveur de prendre la température d’une partie du lot plus régulièrement ou bien de gérer l’humidité de la litière. » Si la note Atless est élevée, cela permet à l’éleveur d’être un peu plus serein par rapport au bon déroulement de l’adaptation de son lot, ce qui est toujours appréciable en pleine période d’ensilage.

Benoît Gavaland distribue systématiquement le premier mois un nutritionnel à visée respiratoire, et il tond le dos des animaux en cours d’engraissement. « J’ai le projet de construire un nouveau bâtiment dédié à la quarantaine, car la quarantaine actuelle n’est pas idéale. » L’éleveur soigne aussi la ration de démarrage avec du beau foin, de l’eau, mais aussi avec un peu de concentrés. « Il ne faut pas que les broutards manquent d’énergie durant les deux à trois semaines qui suivent leur arrivée, au risque sinon de compromettre le développement des défenses immunitaires, recommande Jean-Paul Hay. Ceci tout en ménageant bien sûr la transition vers le régime d’engraissement à base de maïs ensilage. »

- © Infographie Réussir

Un outil novateur

« Cet outil s’inscrit complètement dans le plan EcoAntibio2, qui prône les bonnes pratiques, la formation et la sensibilisation sur le sujet de l’antibiorésistance, explique Dr Héloïse Bertélémy de Terrena. C’est un outil pour mieux accompagner les engraisseurs. » Atless leur permet de mesurer le lien entre les quatre critères de leur commande de broutards (poids, effectif, semaine de livraison et race) et le niveau de sécurité par rapport aux maladies respiratoires. Cet outil a déjà permis de changer certaines perceptions. « On pense parfois a priori qu’un lot est à risques, par exemple parce qu’on est au mois de novembre, et puis il s’avère que la note est bonne. Parfois, c’est dans l’autre sens que l’on est surpris », observe Dr Héloïse Berthélémy.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Bovins Viande se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L’actualité en direct
www.la-viande.fr

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 24 unes régionales aujourd'hui