Réussir bovins viande 08 février 2018 à 20h00 | Par S.Bourgeois

Assemblée générale de la FNB : Stéphane Travert n'apaise pas les craintes des éleveurs

Sur le dossier de l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, le Ministre n'a pas fait d'annonce susceptible de répondre aux très fortes attentes des éleveurs.

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Réunie en congrès à Evreux du 6 au 8 février, la Fédération Nationale Bovine avait choisi comme thème la nécessité de la cohérence entre les politiques publiques et l'évolution du modèle d'élevage (à lire dans le numéro de mars de Réussir Bovins Viande). "Nous avons pris la décision d'être force de proposition et de prendre notre destin en matin" a exposé Bruno Dufayet, président de la FNB en faisant référence à la démarche "Eleveur et engagé" et au plan de filière de la viande bovine. "Seulement voila, les signaux envoyés par le gouvernement depuis sont à contre-courant de ce cap." L'intervention du Ministre Stéphane Travert aura montré qu'il y a encore beaucoup de travail pour que le cap soit clair pour la filière viande bovine.

Stéphane Travert n'a en effet fait aucune annonce concrète sur le contenu des discussions actuelles entre l'UE et le Mercosur et l'éventuelle imminence d'une signature. « Je veux vous assurer de ma pleine mobilisation ainsi que celle de l'ensemble du Gouvernement, tant au niveau national qu'à Bruxelles ou ailleurs, pour défendre nos sensibilités agricoles et notamment le boeuf. Ainsi, la France a ardemment milité pour que le volume de contingent de boeuf soit le plus limité possible. Il devra être finement défini en posant des conditionnalités fortes, et encadré d'éléments permettant d'établir l'équité des conditions de concurrence avec les producteurs du Mercosur. En outre, il sera nécessaire de disposer de mesures de sauvegarde pour limiter l'impact prix.  C'est ce à quoi nous travaillons sans relâche » a affirmé le Ministre

Stéphane Travert a cependant aussi informé les éleveurs de la suite des évènements en cas de signature : si un accord était trouvé, le gouvernement français aurait d'abord à décider de sa position (le ratifier ou non ?). Et il a fait valoir qu'entre la conclusion et la mise en oeuvre, en tenant compte des périodes de transition, il s'écoulerait plusieurs années. « Il faudra les mettre à profit pour se préparer. Cela passera par la valorisation de vos productions, la montée en gamme en vous appuyant sur l'origine France qui est prisée par le consommateur, la recherche de débouchés nouveaux au niveau national et à l'export... »

Dans ce contexte particulièrement flou, la FNB a réaffirmé son opposition pure et simple à la signature d'un accord. La pétition #Nonaux accordsUEMercosur a d'ailleurs recueilli plus de 7700 signatures en cinq jours.

Stéphane Travert, Ministre de l'agriculture et de l'alimentation
Stéphane Travert, Ministre de l'agriculture et de l'alimentation - © S.Bourgeois

Une ICHN qui cible l'élevage en priorité

L'autre dossier du moment - la révision de la carte des zones défavorisées, travail engagé depuis plus d'un an et demi avec les conseils régionaux et les représentants professionnels - devrait pour sa part franchir une étape dans quelques jours. « Notre objectif est d'aboutir d'ici la mi-février à une carte pertinente et robuste, qui préserve les zones dans lesquelles cette aide est pleinement justifiée, dans le respect des équilibres budgétaires. Cette carte sera ensuite soumise à la Commission européenne, pour une entrée en vigueur au 1er janvier 2019. L'objectif du gouvernement est de garder une ICHN qui cible l'élevage en priorité. Nous avons sur ce point un différend avec la Commission s'agissant de l'ouverture du dispositif aux productions végétales. Comme je m'y suis déjà engagé, je continuerai de défendre le fait de ne pas ouvrir cette possibilité dans les zones défavorisées simples pour continuer de donner la priorité à l'élevage dans ces zones » a expliqué le Ministre. Il semble qu'il faille comprendre que des communes seront réintégrées dans le dispositif, mais il faut aussi se préparer à ce qu'il y ait des déçus.

Stéphane Travert avait commencé son discours en soulignant longuement la mobilisation des éleveurs pour la signature du plan de filière viande bovine. Il a aussi rappelé son attachement à une alimentation diversifiée et sans interdit, et insisté sur son respect pour le métier des éleveurs allaitants.

Bruno Dufayet, président de la FNB
Bruno Dufayet, président de la FNB - © S.Bourgeois

Du travail en perspective sur le projet de loi de conclusion des EGA

Concernant le projet de loi sur l'alimentation des conclusions des Etats généraux de l'Alimentation (et des ordonnances associées), le Ministre a voulu rassurer les éleveurs sur le fait que cette loi comportera de contraintes et des contreparties en cas de non-respect de ses clauses. Jean-Baptiste Moreau, député La République En Marche et éleveur de limousines dans la Creuse, est rapporteur de ce projet de loi qui sera présenté à l'assemblée nationale en mars. Il a appelé les représentants professionnels à se mobiliser aupres dedleurs deputes pour apporter les amendements nécessaires à ce que la future loi réponde aux attentes des éleveurs et fonctionne. Ce dont Bruno Dufayet ne manquera pas de s'assurer car en l'état, " les nouvelles obligations sont encore trop floues, la référence aux indicateurs de coûts de production trop imprécise et les contrôles et santions insuffisants."

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