Réussir bovins viande 13 novembre 2018 à 11h00 | Par François d’Alteroche

Alt. 1886, une marque pour la viande « herbagère »

Alt. 1886, les viandes du Massif est une nouvelle marque visant à promouvoir la viande issue des élevages allaitants herbagers du Massif central. Elle a été lancée à l’occasion du dernier Sommet de l’élevage.

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« Le Massif central est la première prairie d’Europe.".
« Le Massif central est la première prairie d’Europe.". - © F. d'Alteroche

1886 est, exprimé en mètres, l’altitude du Puy de Sancy, le point culminant du Massif central. Un ensemble volcanique situé dans le Puy-de-Dôme, département situé au cœur de cette grande région d’élevage bovin. Ce chiffre vient également d’inspirer la création d’une marque collective pour la viande produite dans tout ou partie des 22 départements (1) composant l’entité géographique Massif central. Elle a été déposée en septembre dernier puis présentée début octobre à l’occasion du Sommet de l’élevage. Pour être plus précis, son intitulé exact est : « Alt. 1886, les viandes du Massif » et son slogan : « prenez de la hauteur sur la viande ». La création de cette nouvelle marque est une initiative de l’association Valomac (2) au sein de laquelle sont réunis producteurs et transformateurs situés sur ce territoire.

« Encore une marque supplémentaire pour les produits carnés ! Comme s’il n’y en avait pas déjà assez », diront les esprits chagrins. « C’est d’abord une marque qui a du sens », répondent ses instigateurs, dans la mesure où son objectif est de « permettre une juste répartition de la valeur ajoutée, c’est-à-dire la rémunération de chaque acteur selon ses coûts de production. Ce principe est inscrit à la fois dans le règlement d’usage de la marque, les statuts de l’association et dans les contrats tripartites. »

Le grand mérite de cette démarche est surtout d’impliquer les principaux acteurs de l’aval présents dans le Massif central en y associant tant les entreprises privées (Puigrenier et le groupe Bigard via son unité de Villefranche d’Allier) que celles appartenant à des groupes coopératifs (Sicarev, Sicaba et Covial). « C’est une démarche territoriale bâtie par les acteurs de ce territoire. Elle vise à apporter de la plus-value sur ce même territoire », précisait Benoît Julhes, son président lors de sa présentation.

Le lancement de la marque a eu lieu au Sommet de l'élevage avec un passage de témoin entre Tony Cornelissen, président du Sidam et Benoît Julhes désormais président de la nouvelle marque.
Le lancement de la marque a eu lieu au Sommet de l'élevage avec un passage de témoin entre Tony Cornelissen, président du Sidam et Benoît Julhes désormais président de la nouvelle marque. - © F. d'Alteroche

Faire remonter de la plus-value aux éleveurs

« Il faut faire remonter de la plus-value aux éleveurs », ajoutait d’ailleurs Hervé Puigrenier, président du conseil de direction de Puigrenier SAS. Derrière cette remarque se dessinent aussi les interrogations du chef d’entreprise, bien conscient que les éleveurs allaitants vieillissent et que sans prix à la production attractifs, leurs rangs vont forcément peiner à se renouveler. Un prix de vente en phase avec les coûts de production est la seule vraie solution pour inciter les jeunes à s’installer et maintenir le modèle d’élevage « à la française » basé sur des exploitations de type et de dimension familiale. « Notre volonté est d’en faire une démarche « équitable et responsable ». Cette marque se positionnera entre le milieu et le haut de gamme. Avec la volonté de la proposer à tous les points de ventes situés sur le Massif central et plus largement dans les grandes agglomérations situées à sa périphérie », ajoutait Philippe Dumas, président du Groupe Coopératif Sicarev.

L’origine de cette initiative a été rapidement présentée. « On est parti d’enquêtes réalisées auprès de consommateurs urbains afin de mieux connaître leurs attentes vis-à-vis de la viande bovine. Il en est ressorti leur attachement à l’herbe, aux pâturages, aux paysages et à la notion d’exploitations de dimensions familiales », précisait Bruno Dufayet, membre du Sidam pour la filière viande et président de la Fédération nationale bovine. Des pratiques omniprésentes dans les systèmes allaitants de cette grande région où hors période de finition, l’alimentation des cheptels repose sur le pâturage tant que la météo et les disponibilités en herbe le permettent. Autant de pratiques en phase avec les attentes exprimées lors des enquêtes. « La logique du consommateur est celle du consommer mieux et non celle du consommer plus. Il faut y répondre », ajoutait Hervé Puigrenier, président du conseil de direction de Puigrenier SAS.

« Le Massif central est la première prairie d’Europe. Alt. 1886 vise à mettre en avant cet élevage herbager qui est l’ADN de nos territoires », souligne Patrick Bénézit président de la FRSEA du Massif central. Et de souligner qu’il s’agit aussi d’une démarche qui est dans l’esprit des États généraux de l’alimentation. C’est-à-dire redonner de la valeur à tous les maillons de la chaîne. L’ambition est désormais d’avoir des produits en rayon dès le début 2019. Alt. 1886 concernera dans un premier temps uniquement du bœuf mais il n’est pas exclu de l’étendre à la viande ovine.

Le packaging est prêt. L'objectif est d'avoir les premières barquettes en linéaires début 2019.
Le packaging est prêt. L'objectif est d'avoir les premières barquettes en linéaires début 2019. - © F. d'Alteroche

Viser le créneau des viandes hachées

Le créneau des viandes hachées sera tout particulièrement visé par cette nouvelle marque. « C’est un marché incontournable. Depuis l’an dernier, il se consomme en France davantage de hamburgers que de sandwichs jambon beurre ! », justifiait Philippe Dumas. Qui plus est, la viande hachée ne concerne pas la seule restauration rapide. Elle est de plus en plus présente dans tous les circuits de restauration et de distribution dans la mesure où c’est un produit en phase avec l’évolution des habitudes de consommation. Pour satisfaire cette progression de la demande, les abatteurs orientent vers ce circuit une part croissante de muscles issus de carcasses "allaitantes". Cela concerne une forte proportion des muscles issus des avants mais également une part croissante de muscles provenant des arrières. Une évolution qui pose de vrais problèmes de valorisation des animaux dans la mesure où côté tarifs, les viandes hachées font partie des produits les plus bataillés par la grande distribution. Il est donc important de pouvoir identifier ces produits via des initiatives comme Alt.1886 pour mettre en avant leur origine « allaitante » et leur terroir de production. C’est un enjeu clé pour faire en sorte que les tarifs des muscles issus de carcasses allaitantes ne soient pas valorisés sur les mêmes bases que ceux des laitières de réforme. « C’est par une meilleure segmentation et une meilleure valorisation de la viande hachée que l’on arrivera à tirer vers le haut les prix pour les producteurs. »

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