Réussir bovins viande 14 février 2018 à 17h00 | Par F.d'Alteroche

100% logettes et zéro paille pour les femelles d’élevage

Au Gaec Beybot, en Corrèze, tous les animaux d’élevage sont hivernés dans des stabulations associant logettes et couloirs raclés. Ce même principe sera étendu l’an prochain au bâtiment d’engraissement des vaches de réforme.

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Avec ce bâtiment je n’ai jamais utilisé de bottes rondes. Je veille à laisser environ 80 cm entre chaque botte pour qu’elles puissent se détasser lorsque je coupe les ficelles permettant ainsi au foin d’être aisémen © F; d'Alteroche Le modèle retenu pour le libre-service permet d’avoir très peu de gaspillage. Quand tout va bien, il faut deux petites heures pour regarnir les 108 m d’auge des deux bâtiments des vaches et les deux râteliers des lots de gé © F; d'Alteroche Compte tenu des dates de mises bas, il y a très peu de mises à la reproduction en bâtiment. Les génisses de 2 ans sont sorties de bonne heure avec un taureau. © F; d'Alteroche Les parcs de vêlage sont davantage utilisés en tant que parc de prise de colostrum où sont isolés mère + veau au plus tôt après la mise-bas. © F; d'Alteroche Les cases à veaux sont utilisées par quelques veaux tardifs en tout début d’hiver mais ne commencent vraiment à être occupées qu’à compter de février. Les veaux pèsent en moyenne autour de 80 k © F; d'Alteroche 8 Les vaches adultes n’ont pas été écornées pour l’instant, mais les nouvelles générations de génisses le sont dans la mesure où les enfants de Fabrice Beybot commencent régulièrement & © F. d'Alteroche Chaque bâtiment est équipé d’une pré-fosse, régulièrement vidangée dans la fosse de stockage avec le godet d’un bulldozer d’occasion qui est devenu l’outil à tout faire de l’exploitation. © F. d'Alteroche Chaque bâtiment est équipé d’une pré-fosse, régulièrement vidangée dans la fosse de stockage avec le godet d’un bulldozer d’occasion qui est devenu l’outil à tout faire de l’exploitation. © F. d'Alteroche Chaque lot de 21 têtes dispose de deux abreuvoirs à boulle. © F. d'Alteroche 5 Les vaches ont très peu de logettes attitrées. La plupart passent sans difficulté de l’une à l’autre et ces dernières sont espacées de 125 cm. © F. d'Alteroche Dès le départ des palettes de récupération ont été positionnées à l’extrémité des logettes. Cela évite aux veaux de les salir et permet d’avoir des vaches plus tranquilles. Mais  © F. d'Alteroche Patrice Beybot et Baptiste Vergnaud, son apprenti « Je suis toujours présent au moment du raclage. Je passe très peu de temps à affourrager et à fortiori à pailler mais j’aime prendre du temps pour surveiller  © F. d'Alteroche Les animaux ne glissent pas sur l’air raclée mais la plupart des mises à la reproduction ont lieu une fois les animaux à l’herbe. « Les bêtes ne font pas de grandes cavalcades. Elles vont doucement, comme nous quand o © F. d'Alteroche Tout au long de la journée, sur un lot de 21 vaches, il y en a classiquement 3 ou 4 devant l’auge, une ou deux à l’abreuvoir et à la pierre à sel, deux ou trois qui se déplacent dans le couloir et les autres ruminent dan © F. d'Alteroche Les bâtiments vus de loin : Chaque stabulation mesure 54 mètres de long sur 17,6 de large. 13,5 m si on retient la distance entre le mur du fond et la bordure de l’auge du libre-service. © F. d'Alteroche

Avant d’opter pour des stabulations associant logettes et couloirs raclés, la quasi-totalité des lots du Gaec Beybot étaient en plein air intégral. Avant de construire, Fabrice Beybot s’était fixé quelques priorités. « Je voulais un bâtiment fonctionnel où une personne ait la possibilité de travailler seule dans de bonnes conditions en retenant le principe du libre-service pour limiter le temps passé à affourager. Je voulais également un coût de fonctionnement réduit en acceptant pour cela d’avoir un investissement initial plus important. » Avec une exploitation située à Saint-Fréjoux, à côté d’Ussel, dans le nord-est de la Corrèze, la consommation en paille a été analysée de près. « Je me suis vaguement posé la question d’une pente paillée mais je me suis vite rabattu sur les logettes. Ici la paille c’est selon les années autour de 80 ct le kilo rendu. Tarifs que je considère comme prohibitifs s’il faut en mettre 8 à 10 kilos/vache/jour. Mes beaux-parents sont producteurs laitiers avec un bâtiment à logettes. Cela m’a donné des idées. De toute façon, pour avoir une stabulation libre vraiment économe en paille, je ne vois pas d’autres solutions que la logette. Sur ce volet comme sur la gestion de la ressource en herbe et du pâturage, les éleveurs allaitants gagneraient à analyser de près le fonctionnent des systèmes laitiers. »

Deux stabulations identiques de 63 places

Fabrice Beybot a dans un premier temps réalisé des esquisses du plan souhaité et en a discuté avec Jacques Bois technicien bâtiment à la chambre d’agriculture. « On a revu ensemble différents détails. Les deux stabulations ont été construites en 2007 exactement sur le même modèle et mises en service à l’automne 2008. » Chacune héberge 63 vaches suitées réparties en trois lots de 21 têtes. L’une a bénéficié d’une extension sur sa longueur pour les deux lots de génisses de renouvellement (24 têtes chacun), toujours sur ce même principe logette + couloir raclé. « Je n’utilise pas un gramme de paille pour les vaches et mes deux lots de génisses. Juste un peu pour les cases à veaux et les cases de vêlage, mais comme le gros des naissances a lieu en février et mars, les besoins sont limités. « Un bâtiment économe en paille l’est aussi en temps de travail. Pas de paille à stocker, pas besoin de pailleuse et pas besoin non plus de curer puis épandre le fumier. » Le lisier est épandu en début de printemps. « Quand je m’y mets vraiment, les 950 m3 de la fosse sont vidés en trois jours. » Quant aux cases à veaux situées en enfilade à l’arrière des bâtiments, elles sont paillées manuellement. Ce qui permet par la même occasion de bien surveiller leurs occupants. « Avec du vêlage de fin d’hiver, mes parcs à veaux ont la bonne dimension. Ils seraient un peu justes si j’optais pour du vêlage d’automne. Mais actuellement, ce n’est absolument pas mon intention.» Elles sont curées en fin d’hiver avec un bobcat de location.

Vêlages en logette surveillés de près

Toutes les vaches vêlent en logettes. « Au début, je les rentrai dans le parc de vêlage, mais elles étaient inquiètes et se préparaient mal. Depuis qu’elles restent entre copines, je trouve que cela se passe beaucoup mieux. » Elles sont en revanche surveillées de très près depuis la maison avec une caméra multidirectionnelle équipée d’un puissant zoom. Le positionnement des deux rangées de logettes a d’ailleurs été réalisé pour voir l’arrière des vaches et non leur tête avec la caméra. Le rail de cette dernière se situe au-dessus de la ligne de râteliers. « Dès que le vêlage est imminent ou que le veau est né, je descends, même la nuit, pour isoler le veau avec sa mère dans la case de « vêlage ». C’est une habitude à prendre. Ça ne me dérange pas dans la mesure où avec la caméra, je ne me lève pas pour rien. » Hormis pour quelques génisses, la plupart des vêlages se déroulent sans grande difficulté et les veaux prennent vite l’habitude d’aller dans leur parc dans la mesure où il n’y a que là qu’il y a de la paille. Certains se couchent aussi souvent à l’extrémité de la logette, juste sous la tête de leur mère.

Les hivers qui ont suivi la mise service, les logettes étaient garnies de sciure achetée localement à raison d’environ un kilo/logette tous les 15 jours. Mais entre le marché du pellet qui a fait grimper le prix de la sciure, le travail pour épandre cette dernière et l’impact sur la qualité du lisier, choix a été fait d’investir dans un tapis. « C’est cher mais confortable et semble inusable. » Après avoir raclé les rares bouses qui tombent à l’extrémité des logettes, les racleurs sont mis en route deux fois par jour. « Mais uniquement lorsque je suis dans le bâtiment. Je ne veux prendre aucun risque avec les veaux. »

 

Blocage du racleur par le gel

 

Avec une exploitation à 800 m d’altitude, les périodes de gel prolongé sont évidemment un motif d’inquiétude. Il est courant en cours d’hiver que les racleurs soient gelés le matin. Le raclage est alors si possible réalisé en fin d’après-midi. En 2012 le thermomètre est descendu à -20°C plusieurs nuits consécutives. « Les vaches n’étaient pas plus sales pour autant car les bouses gelaient au fur et à mesure. En revanche quand le dégel est arrivé j’ai du tout racler avec le tracteur. Cela reste un mauvais souvenir mais il ne m’est arrivé qu’une fois en 10 ans. Si je devais refaire ces bâtiments, je ne modifierais quasiment rien. J’élargirait peut-être d’un mètre les cases des veaux à l’arrière du bâtiment. J’opterai aussi probablement pour une fosse de stockage pour chaque bâtiment. » Actuellement il n’y en a qu’une avec à l’extrémité de chaque stabulation une pré-fosse de petite capacité régulièrement vidée au bulldozer dans la fosse de stockage, laquelle a une capacité de 1000 m3 et permet de tenir un hiver entier si ce dernier n’est pas trop humide. Pour les mois à venir l’ambition est de réaliser une petite stabulation pour la finition des réformes avec alors des cases de cinq, mais toujours en retenant ce principe logettes + couloir raclé.

Combien cela a coûté

Le coût de la construction de ces deux stabulations (hors extension pour les deux lots de génisses) a été de 430 000 € en 2008 au moment de leur construction, soit 3413 €/vache. 27% de ce montant concernait des travaux de maçonnerie, 32% la charpente (en bois) et la couverture et 10% les tubulaires. Une partie des travaux ont été réalisé en auto-construction.

Foin en libre-service

Qu’elles soient en fin de gestation ou suitées, la ration des vaches repose uniquement sur du foin. Il est en permanence disponible dans les râteliers en libre-service qui ont été conçus pour n’être regarnis qu’une fois par semaine. Même chose pour les deux générations de génisses. Ces dernières bénéficient également d’un kilo de concentré/tête/jour. Difficile de faire plus économique en temps d’affourragement, dépense en gasoil et usure du tracteur ! « Il m’arrive de rester pratiquement une semaine sans avoir à démarrer de moteur, du moins pour les soins aux animaux. « Ce que j’aime, c’est suivre mon troupeau. Je suis un éleveur, pas un conducteur de tracteur. Mon système d’affourragement est adapté aux vêlages de fin d’hiver avec des vaches qui n’ont pas de gros besoins en bâtiment. » Hormis incident climatique, la première coupe est récoltée en foin et les regains sont pour partie enrubannées et réservés en priorité aux deux lots de génisses. Pas question non plus de chercher à grossir le format des animaux avec le risque induit d’accroitre les besoins d’entretien et de dégrader les qualités d’élevage. La plupart des vaches pèsent de 400 à 430 kilos au moment de la réforme et les taureaux sont achetés en conséquence en visant davantage les épaisseurs que les hauteurs. Les auges en libre-service sont rapprovisionnées en début de semaine avec des bottes rectangulaires (80x80) de 300 kg positionnées tout le long du bâtiment.

 

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