Sécheresse : « Un surcoût de 8 000 euros a minima pour nourrir mes vaches laitières »
Sur l'exploitation de Richard Poux, éleveur laitier à Cisternes-la-Forêt dans le Puy-de-Dôme, la section régionale laitière a exposé, vendredi dernier, la situation délicate des producteurs entre déficit fourrager et prix du lait en fort retrait. Un cocktail explosif qui nécessite d'abord des prix plus rémunérateurs.
Sur l'exploitation de Richard Poux, éleveur laitier à Cisternes-la-Forêt dans le Puy-de-Dôme, la section régionale laitière a exposé, vendredi dernier, la situation délicate des producteurs entre déficit fourrager et prix du lait en fort retrait. Un cocktail explosif qui nécessite d'abord des prix plus rémunérateurs.
Les conséquences désastreuses de la sécheresse sur les élevages
Depuis plusieurs semaines, la pousse de l'herbe est à l'arrêt. Richard Poux, éleveur laitier à Cisternes-la-Forêt jongle pour assurer une alimentation suffisante à son troupeau de 55 vaches laitières. Il y a un mois, les vaches ont regagné le bâtiment, où elles sont nourries avec une ration… « comme en plein hiver ».
Une sécheresse inédite encore plus sévère que celle de 1976
Du jamais vu à cette période de l'année et alors que généralement l'éleveur est autosuffisant. Richard est loin d'être un cas isolé. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec des pertes de fourrages estimées entre 20 et 50 % selon les zones lors des premières coupes, des secondes coupes faibles voire inexistantes et des prairies et des cultures de maïs extrêmement dégradées, difficile de voir le bout du tunnel.
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Richard a fait ses comptes, l'achat de fourrages et la réservation de 11 hectares de dérobées pour avril prochain généreront chez lui un surcoût de 8 000 euros.
« Pour les éleveurs laitiers, c'est clairement la triple peine avec des fourrages peu abondants, de piètre qualité, des achats extérieurs indispensables et un prix du lait en baisse depuis plusieurs mois », souligne Stéphane Joandel, producteur de lait dans la Loire, président de la section régionale laitière et secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait.
Les éleveurs réclament une hausse du prix du lait
Pour lui, la première mesure forte est une augmentation sensible du prix du lait de l'ordre de plus 50 euros les 1 000 litres.
« Les transformateurs doivent envoyer un signal fort en ce sens. La loi d'urgence agricole est parue au journal officiel. Elle prévoit la mise en place de tunnel de prix, mettons-les en application pour que les éleveurs soient rémunérés à hauteur de leur coût de production en mettant fin à cette spirale infernale où l'éleveur demeure toujours la variable d'ajustement ».
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Des réponses attendues d'ici le Sommet de l'Elevage
Des réponses sont également attendues par les éleveurs de la part des pouvoirs publics pour éviter la décapitalisation. « Les indemnisations de solidarité nationale (ISN) doivent se déclencher et vite. Les banques doivent jouer pleinement leur rôle tout comme les assureurs et des allègements de charge doivent être envisagés sinon le prochain Sommet de l'Élevage (6 au 9 octobre à Clermont-Ferrand) risque d'être très tendu », prévient Éric Richard, éleveur en Haute-Loire et administrateur de la Fédération nationale des producteurs de lait. À terme, les éleveurs estiment qu'il est indispensable de « rompre avec les postures dogmatiques sur le stockage de l'eau. La loi d'urgence agricole a ouvert des perspectives, saisissons-les ! », insiste Stéphane Joandel.
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Donner des perspectives aux jeunes qui souhaitent s'installer en élevage
Tout comme son collègue Richard Poux, Bastien Bony, éleveur laitier sur la commune de Giat pâtit d'un contexte climatique et économique très compliqué.
Et il s'inquiète : « Je ne me suis pas sorti de revenu de l'année. Sur ma ferme, deux départs à la retraite sont à venir. Mon cousin qui envisageait de s'installer hésite. Pour le moment, il préfère privilégier le salariat quand il voit mon investissement et le peu de retour ». Pour les responsables de la section régionale laitière, il est impératif d'accompagner au mieux ces jeunes en particulier dans cette phase aiguë qui pourrait freiner les vocations.