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Indice des fermages : une hausse de 3,23 % qui surprend le monde agricole

La Commission des comptes de l'agriculture de la Nation a publié le 7 juillet les données servant au calcul de l’indice national des fermages 2026. Résultat : l’indice progressera de 3,23 %, portant sa valeur à 127,04, sous réserve de la prochaine confirmation officielle par arrêté ministériel. Une augmentation significative et largement inattendue après la faible hausse enregistrée en 2025 (+0,42 %).

© Istock

Une hausse plus forte qu'attendu

Créé par la loi du 27 juillet 2010, l’indice national des fermages sert à actualiser chaque année les loyers des terres agricoles nues ainsi que des bâtiments d'exploitation. Son calcul repose à 60 % sur l’évolution du revenu brut de l'exploitation agricole (RBEA) et à 40 % sur l’évolution du prix du PIB.

En 2026, le RBEA progresse de 4,72 % tandis que le prix du PIB augmente de 1,09 %, conduisant à une revalorisation finale de 3,23 %. Cette évolution constitue une surprise pour de nombreux observateurs. Certains anticipaient une hausse limitée, voire une évolution négative, comme cela avait été le cas entre 2015 et 2018.

D'autre part, les résultats économiques de 2025 ont été nettement meilleurs dans plusieurs productions animales. Alors que les productions végétales n’ont progressé que de 1,6 %, les productions animales affichent une hausse de 10,1 %. La croissance concerne l’ensemble des régions françaises pour les filières animales.

A lire aussi : L’indice national des fermages 2026  en hausse de 3,23 % 

Un soulagement pour les propriétaires

Pour les propriétaires bailleurs, cette augmentation permet de limiter l’érosion du pouvoir d'achat des fermages dans un contexte où les charges et le coût de la vie continuent de progresser. La revalorisation sera ainsi répercutée sur les fermages arrivant à échéance à l’automne 2026.

Cependant, les représentants des propriétaires ruraux soulignent que cette hausse ponctuelle ne règle pas les limites structurelles du système actuel. Selon la SNPR, l’indice des fermages reste insuffisant pour préserver durablement la valeur réelle des revenus locatifs.

Résultat : l’indice progressera de 3,23 %, portant sa valeur à 127,04, sous réserve de la prochaine confirmation officielle par arrêté ministériel.

Un indice toujours contesté

La SNPR estime que l’indice national des fermages est aujourd’hui « inadapté » car il ne protège ni pleinement les bailleurs ni les fermiers. Les documents publiés montrent notamment que, sur le long terme, l’évolution des fermages demeure inférieure à celle de l’inflation.

De même, la revalorisation des fermages compense difficilement l’augmentation des bases cadastrales servant au calcul de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB). Face à ce constat, le conseil d'administration de la SNPR souhaite poursuivre ses travaux afin de proposer une réforme de l’indice national des fermages. L’objectif affiché est de trouver un mécanisme plus stable, capable de préserver le pouvoir d'achat des propriétaires tout en évitant des variations importantes pour les fermiers.

Quel impact pour les agriculteurs corréziens ?

Pour les exploitants agricoles, cette hausse de 3,23 % se traduira mécaniquement par une augmentation des fermages lors de leur révision annuelle. Dans un contexte où de nombreuses exploitations demeurent confrontées à des charges élevées, à des aléas climatiques récurrents et à une volatilité des marchés, cette progression constituera un coût supplémentaire à intégrer dans les équilibres économiques des exploitations.

Pour Franck Guille, président de la section des fermiers et métayers de la FDSEA de la Corrèze, cette hausse soulève des interrogations sur le mode de calcul de l'indice :

Il serait souhaitable que le mode de calcul intègre une composante départementale, comme cela existait les années précédentes. À cette augmentation de l'indice s’ajoute la sécheresse de cette année, qui fragilise fortement les exploitations. Dans ce contexte exceptionnel, il serait opportun de geler l'augmentation des fermages. »

Du côté des propriétaires, Tony Cornelissen, président de la section des propriétaires ruraux de la FDSEA de la Corrèze, rappelle que la progression de l'indice trouve également son origine dans les bons résultats économiques de certaines filières :

Vu du côté des propriétaires, un indice en forte progression peut se justifier par l’augmentation du cours de la viande, notamment celui du broutard en 2025, qui a bénéficié à l’ensemble de la filière. En revanche, la baisse actuelle des cours, difficilement justifiable, devrait logiquement se répercuter sur l’indice l'an prochain. Si tel n’est pas le cas, exploitants fermiers et propriétaires bailleurs seront tous deux pénalisés, alors qu’ils n’en sont pas responsables. Ce sont surtout les intermédiaires qui bénéficient aujourd’hui de marges exceptionnelles. »

Conclusion

Entre la préservation du pouvoir d'achat des propriétaires et la nécessité de préserver la viabilité économique des exploitations, cette revalorisation de 3,23 % relance le débat sur la pertinence du mode de calcul de l’indice national des fermages. Un sujet qui continuera sans doute d’alimenter les discussions entre bailleurs et fermiers dans les prochains mois.

Rédaction Réussir

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