Groupe Réussir 01 octobre 2004 à 00h00 | Par Rédaction machinisme

Dossier moissonneuses batteuses - Débit des moissonneuses : au-delà des à-priori

Quelles caractéristiques regarder pour estimer le débit potentiel d´une moissonneuse ? La puissance et le gabarit des machines sont-ils les bons critères ? Nous avons interrogé trois constructeurs.

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La simple comparaison des puissances moteur, capacités de trémie et nombre de secoueurs n'est plus suffisante aujourd'hui pour choisir une moissonneuse, du fait d'architectures très différentes selon les machines.
La simple comparaison des puissances moteur, capacités de trémie et nombre de secoueurs n'est plus suffisante aujourd'hui pour choisir une moissonneuse, du fait d'architectures très différentes selon les machines. - © D.Lucas (DR)

Pour Philippe Miroux, en charge du marketing moissonneuses chez Deutz-Fahr, le débit d´une moissonneuse est d´abord conditionné par la surface de séparation forcée qui englobe toutes les surfaces au-dessus desquelles un organe est en rotation : les surfaces de contre-batteur et contre-séparateur rotatif s´il y en a, mais aussi les surfaces des corbeilles de séparation des machines non conventionnelles.

Laurent Libbrecht, chef de produit moissonneuses-batteuses chez New Holland, précise : "Entre deux machines qui ont une même surface de séparation forcée, la machine qui aura la plus grande surface de contre-batteur sera avantagée, car c´est à ce niveau que la séparation est la plus importante. Concernant les secoueurs, ils ont aujourd´hui moins d´importance car la paille y passe très vite et la séparation à ce niveau est minime".

"Chez Claas, entre une Lexion 530 et une 570 qui ont le même batteur mais deux systèmes de séparation différents, on peut obtenir une différence de débit de 150 à 200 quintaux par heure en céréales" explique Jean-Michel Crosier, chef produit moissonneuse chez Claas. "Dans ce cas, les secoueurs de la Lexion 530 sont le facteur limitant. En revanche, dans le maïs, qui est une récolte qui ne sollicite pas les secoueurs, il n´est pas utile de choisir une Lexion 570 par rapport à une 530 en espérant plus de débit, car le cueilleur est souvent le facteur limitant".

La coupe et le nettoyage rentrent aussi en compte

Mais pour que le potentiel lié à la surface de séparation puisse être exploité, il faut également prendre en compte les autres organes qui environnent le système de battage et qui peuvent être des éléments limitants pour le débit de la machine.

"Les systèmes de nettoyages ont dû s´adapter pour supporter l´augmentation du débit des systèmes de battage" explique Laurent Libbrecht. "La pré-grille de nettoyage par exemple augmente la surface de nettoyage et permet d´avoir une chute supplémentaire pour éliminer les éléments légers".

"La taille de la barre de coupe peut aussi avoir un effet sur le débit" constate Philippe Miroux. "Une coupe large améliore l´alimentation car la vitesse d´avancement est moins élevée, le tapis de récolte qui arrive au batteur est plus régulier et cela se ressent facilement en cabine. Si la coupe est sous-dimensionnée, on aura tendance à vouloir augmenter la vitesse d´avancement. Mais il faut savoir que les barres de coupe actuelles ne sont pas faites pour travailler à des vitesses supérieures à six ou sept kilomètres par heure. Outre la moindre régularité de l´alimentation, l´augmentation de la vitesse diminuera aussi l´attention du conducteur avec un plus grand risque d´avaler une pierre par exemple".

Jean-Michel Crosier souligne également l´importance des équipements associés à la machine : "Une moissonneuse à cinq secoueurs équipée d´une coupe Vario peut marcher aussi bien qu´une six secoueurs avec une coupe classique. Pour choisir une machine, je conseille d´abord à un agriculteur d´exposer clairement le travail qu´il a à faire : assolement, conditions de récolte, parcelles en pente. Suivant ces paramètres, le facteur qui limitera le débit de la machine pourra être différent".

La puissance à considérer avec précaution

La puissance du moteur joue évidemment un rôle dans l´expression du débit potentiel de la machine. "Mais passer de 200 à 240 chevaux sur une même machine n´augmentera pas systématiquement le débit", remarque Philippe Miroux "sauf en conditions extrêmes comme une récolte en forte pente avec un broyeur de paille très chargé par exemple. Il arrive un point où mettre des chevaux en plus ne sert à rien car les organes de la machine ne sont plus adaptés".

"Avec les machines dotées de rotors de séparation, le moteur peut devenir le facteur limitant lorsqu´elles doivent passer de grandes quantités de paille dans le broyeur" explique Jean-Michel Crosier.
"Mais la simple comparaison des puissances moteur, capacités de trémie et nombre de secoueurs n´est plus suffisante aujourd´hui pour choisir une machine, à fortiori quand les puissances sont exprimées avec des normes différentes d´un constructeur à l´autre" s´accordent à dire Jean-Michel Crosier et Laurent Libbrecht.

Les moissonneuses ont en effet des besoins de puissance qui varient selon les marques et l´architecture des machines. "Chez Claas par exemple l´APS régularise le flux de récolte avant le batteur, ce qui évite les irrégularités dans l´alimentation du batteur" explique Jean-Michel Crosier. "Ce système permet donc de réduire les pics de demande de puissance".

"Sur les CX New Holland, le batteur et le séparateur rotatif de grand diamètre présentent une forte inertie qui ont un effet similaire" remarque Laurent Libbrecht.

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